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La Coctelera

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13 Diciembre 2006

Haiti: quel marché boursier

Au cours d’une rencontre organisée par l’Association haïtienne des économistes (AHE), le jeudi 9 novembre 2006 à la salle de conférence de la Banque de la République d’Haïti (BRH), M. Lucien Saint-Louis avait présenté un exposé autour du thème : « Vers la création d’une bourse des valeurs mobilières, quel modèle choisir pour Haïti ». L’analyste financier, promoteur de marché boursier pour Haïti, a articulé son argumentaire en cinq points : une mise en contexte, une présentation de l’Haïti d’aujourd’hui, la présentation des rôles et caractéristiques d’un système financier, du rôle de régulateur du système bancaire que doit jouer la BRH, les considérations sur le marché boursier, l’analyse de trois modèles de bourse : France, République dominicaine et Jamaïque et quel modèle choisir pour Haïti. Ce premier article prend en compte les trois premiers points.

La mise en contexte
Penser à travailler à la création d’un marché boursier en Haïti est un acte de foi, précise d’entrée de jeu M. Saint-Louis. L’idée de création d’une bourse des valeurs mobilières, dit-il, a fait du chemin. Le dossier cesse d’être l’apanage de quelques intéressés pour finale- ment être pris en charge par certains responsables du système financier. L’objectif, affirme-t-il, est de sensibiliser et de renseigner les intéressés sur les meilleurs moyens à mettre en œuvre en vue de faire démarrer de façon effective, un marché boursier en Haïti.
D’après M. Saint-Louis, le sujet est à la fois passionnant et complexe. Car, il se situe à la fine pointe de la finance et provoque des réticences quant à la création et au fonctionnement d’un marché boursier en Haïti. Les raisons évoquées le plus souvent par les réticents demeurent : la faiblesse de l’économie et du cadre réglementaire en général et un certain manque d’éthique dans la conduite des affaires en Haïti.
À ces réticences, l’analyste financier affirme que les objectifs que poursuit la création d’un marché boursier en Haïti sont plus forts que tous les arguments négatifs avancés. Ces objectifs ont été énumérés : Promouvoir de façon ordonnée le développement du marché financier en général et des bourses de valeurs en particulier ; s’assurer d’un haut standard professionnel des intervenants ; développer, appliquer et renforcer des règles visant à maintenir la confiance du public dans le système financier haïtien ; faciliter les échanges ; assurer et développer un lien économique et social entre tous les Haïtiens et favoriser le développement des affaires en Haïti

Haïti aujourd’hui
Lucien Saint-Louis a fait également un survol du taux de croissance de l’économie durant les dix dernières années et une analyse de quelques indicateurs du système éducatif haïtien. Il a relevé dans ces secteurs beaucoup de déficiences. Mais, croit-il, les déficiences sont des défis et les défis sont là pour être relevés par des hommes. Et les défis relevés sont des opportunités, a-t-il conclu.
De 1994 à 2004, le taux de croissance du PIB d’Haïti a décrû (croissance en dessous de zéro) au moins à quatre reprises. Pendant ce temps, la population a continué à croître à un rythme moyen annuel de 2,1 % l’an. Actuellement 55 % de la population vit dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 américain par jour. Très peu de communes sur les 149 peuvent se targuer de recevoir des services de base en santé et éducation.
Le budget voté par le Parlement pour l’exercice 2006-2007 prévoit 8,76 % seulement des dépenses pour l’éducation quand la Banque mondiale exige que l’État haïtien y consacre 25 % de son budget.
En ce qui a trait aux rôles et caractéristiques d’un système financier, ce dernier doit servir d’intermédiaire entre ceux qui ont du financement et ceux qui en ont besoin. Le système financier doit faire le pont entre les agents économiques à capacité de financement et les agents à besoins de financement.
Le système financier haïtien n’a pas toujours joué ce rôle convenablement. D’où la nécessité de la création du marché boursier haïtien aux yeux de M. Saint-Louis.
Voyons quant à présent les caractéristiques d’un système financier. Un système financier doit avoir les caractéristiques suivantes : des mécanismes de règlements et de compensation ; un moyen de mise en commun des fonds permettant d’entreprendre des profits indivisibles de grandes tailles ou des mécanismes de subdivision du capital ; un moyen de répartition dans le temps et dans l’espace des ressources disponibles entre les secteurs économiques des outils de gestion de risque ; une information sur le prix au plus bas coût possible et des moyens d’atténuer les conflits entre les parties à partir d’un contrat.

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8 Diciembre 2006

Questions du poète Gary Augustin au poète Georges Castera

1. Georges Castera, on vous connaît comme poète d’abord avec des publications dans la langue créole puis à partir des années 90 toute une série de recueils en français. Comment expliquer cela ?

Il ne s’agit pas d’une préférence. J’ai commencé par une première plaquette en créole, uniquementt pour échapper à la censure car j’étudiais la médecine dans un pays de dictature. Par la suite, exilé à New York, j’ai continué à publier à compte d’auteur dans un premier temps, puis dans un second temps, dans le cadre d’une organisation qui pensait que le créole devait avoir une place importante dans la diffusion des idées, j’ai continué tout bonnement à publier en créole.

J’écris plus facilement, plus spontanément en français dans la mesure où je n’ai pas à réfléchir sur la langue en linguiste, en chercheur qui essaie, par exemple, de découvrir des subtilités cachées. Je n’ai pas besoin de défendre le français.

En créole, par contre, j’écris dans un esprit polémique. Ecrire en créole fait partie d’une lutte. Il me faut faire passer coûte que coûte mes positions pour qu’on fasse la différence, par exemple, entre :
« Pou l ekri » (Pour qu’il écrive) et « Poul ekri ak bèk yo » (Les poules écrivent avec leur bec).

Il faut faire la différence entre « fè nwa » (l’obscurité) et « fènwa » en un mot (l’ignorance).
J’ai toujours dit que celui qui écrit en créole défend à la fois le créole en tant que langue, il défend son orthographe et le passage du créole à l’écrit.

Dans le domaine de la littérature, bien sûr, ce sont des questions complexes. D’un côté, on a une littérature d’expression française qui relève de l’enseignement d’une langue (écrite) : le français. Assez souvent, on voudrait que cet enseignement justifiât l’avènement d’une littérature avant d’être une langue pour la communication, pour l’expression des idées, des sentiments, l’appropriation de connaissances scientifiques. Quant à l’enseignement de la littérature d’expression créole, il s’inscrit plutôt dans une problématique identitaire relevant naguère de l’enseignement de l’Histoire d’Haïti. Ce n’est pas ma position mais on doit tenir compte dans ce pays d’un ensemble de discours nationalitaires autour de la question du créole . créole langue maternelle, matrice culturelle, alibi de beaucoup de causes inavouables.

Ecrire en français ne me rend pas moins haïtien pour autant. Et puis, comment pourrais-je écarter d’un revers de mains Jacques Roumain, Anthony Lespès, Price Mars, Antonio Vieux, Anthony Phelps, etc., du patrimoine national sous prétexte qu’ils n’ont jamais écrit en créole.

2. Comment écrivez-vous ?

J’écris le plus souvent sur des petits bouts de papier, en marchant dans la rue ou en voiture. Ensuite, je recopie sur du papier (blanc de préférence) car les papiers quadrillés semblent couper mon élan, scinder mes phrases. Naturellement il s’agit d’une impression bizarre mais mon imagination a besoin d’une piste d’atterrissage dépourvue d’obstacles.

Il m’arrive d’écrire avec différentes couleurs d’encre sans aucune intention esthétisante mais dans le but de créer des contrastes qui facilitent les permutations de mots ou de phrases. Comme un grand nombre de poètes il m’arrive le plus souvent de mettre des chiffres ou des flèches pour situer la place d’un vers dans la structure. Je dessine beaucoup à côté du poème que j’écris ou à partir des ratures. C’est pour moi un prolongement imaginaire et une espèce de pause, disons, psychologique qui permet la reprise.

Parfois par manque de temps, je me contente d’écrire le titre d’un poème à faire. A partir de là, sans rien d’autre, je sais que le poème viendra tout naturellement s’y greffer. Il peut m’arriver également de commencer un poème par la fin en avançant de bas en haut.

La poésie, comme vous savez, a sa propre logique. Certains poèmes naissent dans un désordre apparent, d’autres dans une logique implacable. Je laisse le poème se reposer, se décanter pour qu’il se fasse tout seul puis longtemps après des jours, des semaines, des mois, je le retravaille en gommant, en remplaçant un mot par un autre, rarement par ajouts successifs. A force de remplir un texte, de le bourrer, on finit par faire de l’ornemental. Moi, je préfère travailler le texte, enlever ce qu’il a en trop car je n’aime pas les textes qui ont de la cellulite.

Oui, travailler un texte, c’est le laisser se décanter, se faire tout seul, fermenter, fomenter son rêve en secret. A un certain moment, il faut laisser le texte en paix, ne pas le mettre sous surveillance ni l’exhiber avec fatuité. Mon poème terminé, je ne cours pas le montrer encore moins le faire passer pour un chef-d’œuvre.

Quand l’objet poétique n’a plus de fonction immédiate, sa fonction sociale devient plus évidente. Il faut que l’objet poétique subisse une perte de conceptualisation pour qu’il gagne en images, en rythme.

Je crois que le poète doit avoir de l’audace en refusant d’être là où le lecteur l’attend. Aussi doit-il être l’homme ou la femme des rendez-vous manqués.

3. Où se situe le lecteur au moment de l’acte de création ?
Il y a longtemps que je ne considère plus l’écriture comme un acte de création. J’évite même, par commodité de langage, d’utiliser une telle expression. Je parlerai plus volontiers, avec d’autres, de production. Ceci dit, quand j’écris, je ne pense à aucun lecteur puisque j’écris d’abord pour moi, obsédé par ce que je fais.
Mais écrire c’est objectivement relever des défis, le premier consistant à vaincre la feuille blanche qui se trouve devant moi comme un désert menaçant.

Pour revenir à la question posée, peut-être qu’inconsciemment, à cause de ma position dans la société, mon choix idéologique, je pense à ce lecteur idéal qui n’existe pas encore.

Je ne crois pas détenir un discours de la vérité pour chaque situation. Moi, je commence à écrire et à me poser des questions après. Il faut d’abord laisser aux mots l’initiative pour qu’ils se mettent ensemble librement.

Dans mes poèmes, la politique n’est pas surajoutée. Elle s’inscrit dans le questionnement du texte lui-même. Ce qui lui enlève tout caractère de propagande, mais j’avoue avoir écrit des textes triomphalistes. Cela étant lié sans nul doute à la distance avec la réalité sociale haïtienne, à l’exil.

4. Il y a toujours eu, chez vous, un certain goût pour la transgression tant au niveau formel que thématique.

Je vous remercie de me poser cette question. En effet, j’ai toujours cherché à faire une œuvre de rupture et non de filiation. Ceci est lié à mon caractère non-conformiste, contestataire. Je remets en question beaucoup de choses de cette société inégalitaire : le colorisme, le mépris du peuple et j’en passe. Est-ce pour cela qu’il m’arrive de faire une poésie critique du quotidien.

Il existe en Haïti une bourgeoisie intellectuellement débile, laquelle, au lieu d’exiger de l’Etat la construction de lieux de récréation ou de culture pour tous, préfère amener ses enfants dans les supermarchés de Pétion-Ville afin de les distraire en les laissant lire des étiquettes de produits souvent avariés. Il n’y a pas longtemps, une jeunesse oisive se réunissait fort tard dans les « Star Mart », ces dépanneurs de la bouffe situés dans certaines pompes à essence.

5. Votre poésie, quand on considère des textes comme Jòf, Brûler et Le Trou du souffleur, est souvent liée à l’expérience du corps. De quel corps s’agit-il ?

J’ai essayé de donner au corps sa dignité, car il a été trop longtemps conspué, dévalorisé par des siècles de monothéisme. Je parle du corps féminin qui a été mis de côté comme quelque chose de dangereux, de diabolique. Je suis partisan de la joie, de la jouissance. L’homme qui fait l’amour est heureux. Moi, je revendique une poétique du corps libéré par l’orgasme,par invitation au voyage,l’orgasme détonateur, comme appropriation de l’éternité en un instant.

En écrivant Jòf, j’ai voulu faire un livre jubilatoire, un livre jouissif, un livre qui se situe au-dessus de la trivialité. En même temps, je voulais que la poésie créole perdit un peu de son austérité à cause du lien qu’elle a gardé avec le dire et le faire à l’usage du quotidien le plus platement politique. Si je peux aider le lecteur à perdre un peu de sa graisse conformiste, c’est tant mieux.

Ces trois recueils dont vous parlez tentent de déculpabiliser l’érotisme. Pendant ma jeunesse, il y a des mots qui m’ont beaucoup gêné : péché mortel, concupiscence, enfer, prie-Dieu, confession. J’ai voulu donc opposer le corps sexué au « péché » et faire sortir la poésie haïtienne de son angélisme, de sa neutralité douteuse.

6. L’écriture, la vie. Quels sont leurs rapports ?

Peut-être que vous faites allusion à des vers où je disais :
« Pwezi se nan lavi sa sòti
Pwezi se nan lari sa sòti… »

Votre formulation est belle, mais un peu abstraite. La vie veut dire beaucoup de choses à la fois : c’est la possibilité de respirer, de manger, de grandir, d’exprimer des pensées, d’être en société, de partager, de procréer, d’avoir un territoire et de le protéger.

C’est un ensemble de rapports qu’une structure poétique ou narrative doit vouloir saisir, interpréter. Quant au poète, c’est par le langage qu’il opère une telle saisie. D’où la place des mots dans la vie du poète.

Dès qu’on parle de la vie, on voit aussitôt la mort. Unité contradictoire. Ce que le physiologue français Claude Bernard a rendu par la formule « la vie, c’est la mort ». Thème que j’essaie d’aborder dans mon dernier recueil Le Trou du Souffleur.

7. Si on vous proposait de relire des livres, lesquels choisiriez-vous ?

Il m’est toujours arrivé de relire certains ouvrages, mais uniquement pour essayer d’approfondir des questions sur lesquelles je bute. En fait, je relis par nécessité pour sortir de la connerie ambiante, de la langue de bois du genre « société civile », «secteur privé », « classe politique », etc., qu’on retrouve à toutes les sauces. Je relis des livres de linguistique, de sociologie, de philosophie, de critique littéraire…

Il y a trop de bons ouvrages qui paraissent pour qu’on ne s’adonne qu’à la relecture. Il me faut essayer d’être au courant de tout car nous avons un retard historique à combler. Pour aller plus vite, j’écoute les radios locales, et étrangères sur ondes courtes. Mais toutes mes activités ne se limitent pas au livre car il m’arrive de bricoler…, de m’amuser, de danser, etc.

8. Quel est votre plus grand désir après avoir parcouru un tel chemin d’écriture ?

Mon plus grand désir n’est pas un désir d’écriture. Il y a des questions de survie de la nation qu’il faut mettre au-dessus de tout. La bidonvilisation d’Haïti représente une menace pour la pensée elle-même, elle démobilise la jeunesse. Il suffirait de pointer du doigt la tranquillité avec laquelle des élèves du bac racontent aux journalistes que tel ou tel examen a été facile parce que la surveillance était défaillante. Mais on pourrait s’en prendre aux journalistes eux-mêmes qui ne font qu’enregistrer et diffuser de telles déclarations sans intervenir. On en est là aujourd’hui. C’est lamentable !

9. Pour terminer, parlez-nous de cette fidélité au vers. La prose ne vous tente pas ?

Il n’y aura pas de mutation chez moi car je reste fidèle à la poésie. Je n’ai jamais été tenté d’écrire de roman. Il y a une complaisance des lecteurs pour le roman qui me gêne. C’est clair, la dictature du roman a un rapport au marché du livre et à la solitude des lecteurs. J’aime la prose certes, mais je n’ai aucune affinité pour le genre romanesque. Disons que je suis un lecteur démobilisé, cependant quand des amis me conseillent de lire tel ou tel roman, j’avoue que je ne suis jamais déçu.

Le poète, lui, n’est pas un raconteur d’histoires. La poésie non plus car elle n’a ni début ni fin. C’est plutôt un voyage ouvert, c’est-à-dire, vers un ailleurs sans fin, sans but précis. Un pari sans Dieu ni Maître.

Gary Augustin

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7 Diciembre 2006

lucky Dube : le messager de l'amour et du respect

Le Roi du Reggae Africain, Lucky Dube, appelle au respect…

Le Messager de l’amour, de l’unité et du respect…

Le disciple de Peter Tosh s’est fait un messager à travers le Reggae en appelant toujours à cultiver l’amour du prochain et de la patrie. Il ne rate jamais l’occasion de prêcher l’unité, la camaraderie, même si c’est sans trop grand succès. Présentement, dans ses chansons, il réclame à cor et à cri le respect.

Ce rasta aux dreadlocks, moustache et barbe crépues, portant souvent son costume de léopard, a vingt-et-un (21) albums à son actif. Dans ses textes, il dénonce la violence, le vol, les inepties de la société, mais surtout les jeux politiques faits de mensonges.

Son dernier album, sorti en mars 2006, en Afrique du Sud comporte douze (12) titres dont «Respect» qui est aussi le titre de l’album, est un cri d’alarme que le chanteur lance au monde entier. Il invite tout un chacun à changer de comportement en aimant, même ses ennemis et ses détracteurs. Il se dit qu’avec l’amour, le respect le monde sera meilleur.

La venue de ce plaidoyer de l’amour, de l’unité et du respect mutuel qui se dit fier des progrès accomplis en Afrique du Sud, est une note positive pour la population haïtienne mais surtout pour le monde musical.

C’est dans une petite ferme tout près d’Ermelo à 150 kilomètres de l’ouest de Johannesburg en Afrique du Sud que Sarah a mis au monde le 3 Août 1964, après de nombreuses incertitudes et de souffrances, celui qui est connu sous le sobriquet «Lucky Dube» dont le vrai nom est Lucky Phillip Dube. Sa maman l’a prénommé Lucky (En Anglais qui veut dire «Chance») parce qu’elle a cru qu’elle n’aurait pas d’enfant.

Ce musicien de Reggae a grandi dans une famille monoparentale. Il a connu la misère et l’apartheid. Très jeune, il s’embarque dans le monde musical et à 18 ans il se fait déjà un nom.

Influencé par des artistes de renoms comme Robert Nesta Marley et Peter Tosh, Lucky opère une transition du style Mbanqanga au Reggae. En 1984, il a sorti son premier album Reggae intitulé «Rastas never dies».

Lucky s’est confirmé en tant qu’un grand musicien avec les succès tels que «Slave, 1988», «Together as One, 1989» et «Prisoner, 1990».

Anièce FRANÇOISAniece_f@yahoo.fr

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7 Diciembre 2006

les patronales en haïti

Les Fêtes Champêtres : une opportunité pour le tourisme en Haïti

A l’heure où le pays cherche à relancer son économie, le tourisme de masse se révèle porteur d’espoir. Avec un objectif de plus de 500 mille touristes de séjour pour les quatre prochaines années, le Ministère du tourisme pourrait mettre le cap sur les fêtes champêtres.

Les patronales qui drainent généralement un nombre important de touristes de la diaspora sont aujourd’hui incontournables dans le plan de développement du tourisme en Haïti. La Participation de nos compatriotes vivant en terre étrangère au forum de reconnexion de la Diaspora réalisé en juillet 2006 à Port-au-Prince, révèle l’intérêt et l’attachement de ces derniers aux fêtes champêtres qui sont des hauts lieux de manifestation religieuse et culturelle.

Ces champêtres rassemblent un très grand nombre de personnes venues de la diaspora affirmer leur appartenance à leur lieu d’origine. Cette manifestation touristique appelée tourisme de masse mobilise toutes les autorités locales et les communautés pour accueillir les visiteurs qui viennent déverser des devises durant les festivités. Un cadre du Ministère Tourisme fait remarquer que « la meilleure performance d’Haïti en matière d’arrivées internationales n’a pas encore franchi, sur une année la barre des 150.000 touristes de séjour. »

Miser sur la diaspora

Le nombre de compatriotes vivant en terre étrangère évalué à quatre (4) millions de personnes pourrait se révéler salvateur pour le secteur. Le Ministère du tourisme en tablant sur la participation de 10% de la Diaspora à ces patronales se rapprocherait de son objectif 2010 qui est de cinq cent (500) mille touristes de séjour.

Pour la seule année 2005, les chiffres révèlent que la clientèle touristique haïtienne avait dépassé les 110 millions de dollars. Et la grande contradiction vient de l’année 2003 qui, en dépit des troubles politiques avait enregistré plus de 127 millions de dollars. On notera que depuis plus de dix (10) ans près de 80% des principales arrivées internationales vers Haïti sont constituées d’haïtiens de la diaspora.

Une aubaine pour les marchés ruraux

Les petits commerçants des marchés ruraux sont généralement les bénéficiaires directs des flux de devises durant les fêtes champêtres. La consommation des produits locaux en grande quantité augmente considérablement les activités économiques dans les régions rurales. Les sites balnéaires donnent souvent naissance à des marchés spontanés.

En 1975, on avait recensé plus de cinq (500) marchés dans le pays au nombre desquels il fallait compter plus de quatre (400) ruraux et soixante (60) régionaux. Aujourd’hui ces chiffres doivent être multipliés par 5 soulignent certains économistes compte tenu de la déperdition accélérée du secteur de l’emploi.

L’organisation de ce secteur au niveau régional se révèle urgente et importante dans les zones reculées du pays. L’aménagement des bureaux touristiques à travers le pays par le Ministère du Tourisme dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, du SUD et du SUD-EST pourrait générer dans les prochaines années un nombre important d’emplois.

Eddy Trofort

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4 Diciembre 2006

Belo laureat découverte musique RFI 2006

« LES DÉCOUVERTES RFI MUSIQUES DU MONDE » / Bélo lauréat 2006

Bélo

Jean Bélony Murat, artiste haïtien né le 29 octobre 1979 à la Croix-des-Bouquets, a remporté dans la soirée du 30 novembre à Douala (Cameroun) la grande compétition internationale de musique intitulée « Les Découvertes RFI Musiques du Monde ». Il était parmi les trois finalistes, dont Patrick Ruffino, bassiste, et Lang’i, groupe basé à Brazzaville. Bélo, qui a laissé Port-au-Prince le 13 novembre dernier, était, entre autres accompagné du keyboar- diste Fabrice Rouzier et du guitariste Clément (Kéké) Bélizaire du groupe « Mizik Mizik ».
Le lauréat de Les Découvertes RFI Musiques du Monde bénéficiera d’un prix de 7 000 euros, et d’une bourse d’aide au développement de carrière de 12500 euros allouée
par le ministère français des Affaires étrangères ; d’une tournée en Afrique, d’un DVD, d’action de communication auprès des médias français et internationaux et d’une campagne de promotion internationale sur les antennes de RFI et des radios partenaires dans le monde.
« Nous retournerons en Haïti avec le premier prix », avait promis Bélo, le 27 octobre 2006, à l’occasion d’une rencontre avec la presse au ministère de la Culture et de la Communication. Il était conscient que « cette performance aura des retombées positives sur tout le reste de ma carrière ».
Bélo est un jeune auteur- compositeur et interprète qui ne laisse personne indifférent par sa musique alliant un amalgame de reggae, de vodou, de rara, de soul et qui flirte même avec le jazz.
C’est à l’âge de onze ans qu’il commence sa carrière sur les planches de l’école classique en interprétant des chansons de ses idoles de l’époque. Au Collège Blaise Pascal, où il a fait une partie de ses études secondaires (jusqu’à la terminale), Bélo avait l’habitude d’interpréter des chansons de Buju Banton (Jamaïque), Eddy François (Haïti) et Alan Cavé (Haïti).
Auteur de l’album Lakou Trankil et vice-gagnant en 2005 d’un concours organisé par l’ambassade du Canada à l’occasion des dernières élections haïtiennes, Bélo prépare actuellement son deuxième opus.
Initié par Radio France internationale, le concours « Les Découvertes RFI Musiques du Monde » récompense chaque année un artiste ou un groupe d’Afrique, de l’Océan Indien ou des Caraïbes.
Jean Bélony Murat inscrit désormais son nom dans la liste des gagnants de ce grand concours international qui a permis de faire découvrir des artistes talentueux d’Haïti tels Beethova Obas et Georges Lys Hérard, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, le Sénégalais Didier Awadi, Amadou & Mariam ainsi que le Malien Rokia Traoré.

le matin

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29 Noviembre 2006

heaven´s here on earth

HEAVEN'S HERE ON EARTH
You can look to the stars in search of the answers
Look for God and life on distant planets
Have your faith in the ever after
While each of us holds inside the map to the labyrinth
And heaven's here on earth

We are the spirit the collective conscience
We create the pain and the suffering and the beauty in this world
Heaven's here on earth

In our faith in humankind
In our respect for what is earthly
In our unfaltering belief in peace and love and understanding

I've seen and met angels wearing the disguise
Of ordinary people leading ordinary lives
Filled with love, compassion, forgiveness and sacrifice
Heaven's in our hearts

In our faith in humankind
In our respect for what is earthly
In our unfaltering belief in peace and love and understanding

Look around
Believe in what you see
The kingdom is at hand
The promised land is at your feet
We can and will become what we aspire to be
If Heaven's here on earth

If we have faith in humankind
And respect for what is earthly
And an unfaltering belief that truth is divinity
And heaven's here on earth

I've seen spirits
I've met angels
I've touched creations beautiful and wondrous
I've been places where I question all I think I know
But I believe, I believe, I believe this could be heaven

We are born inside the gates with the power to create life
And to take it away
The world is our temple
The world is our church
Heaven's here on earth

If we have faith in humankind
And respect for what is earthly
And an unfaltering belief
In peace and love and understanding
This could be heaven here on earth

Heaven's in our heart

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29 Noviembre 2006

Bilan des cents premiers jours du ministère de l´Environnement en Haiti

Les Cents premiers jours du Gouvernement
Ministère de L’Environnement

Le Plan d’action pour L’Environnement (PAE) adopté en 1999 et le décret cadre sur la gestion de l’Environnement adopté en Janvier 2006 ont été au centre des Activités du MDE pour les Cents premiers jours du gouvernement.

La Promesse du gouvernement de poursuivre avec une attention spéciale la mise en œuvre du Plan d’action pour l’environnement (PAE) domine le rapport des Cents premiers jours du ministère de L’Environnement (MDE).

Ce Plan avec ses dix (10) programmes doit générer plus de sept (7000) mille emplois pour le conditionnement des déchets, leur mise en décharges et la valorisation des déchets organiques. Pour le domaine de l’assainissement, ce projet d’envergure aura des retombées positives sur le Programme d’Apaisement Social (PAS). Ce programme en cours s’étendra dans 23 villes du pays.

L’utilisation de l’Energie renouvelable, point fort du PAE, occupe une place importante dans ce rapport. Pour le développement de ce type d’Energie, le MDE favorise les investissements privés vers la fabrication de briquettes de charbon et l’utilisation du lignite souligne le rapport. Le Biodiesel rencontre aussi les préoccupations du gouvernement et alimentera la Coopération bilatérale des gouvernements Brésilien et Haïtien. Tout cela, dans la perspective de réduire l’utilisation du charbon de bois dans les ménages.

Nécessité d’un Cadre légal

Le cadre légal et institutionnel sur les questions environnementales a toujours fait défaut au MDE dans ses actions à mener. Dans ce sens, pendant ses cents premiers jours le ministère a pris plusieurs initiatives en rapport avec le décret sur la gestion de l’Environnement promulgué en Janvier 2006 notamment le processus de sa vulgarisation.

Le rapport note aussi que dans le cadre institutionnel une proposition de loi organique a été révisée et une Unité juridique créée au sein du ministère ; elle est rattachée au Secrétariat technique de la Direction générale.

Pour le renforcement du cadre légal international des Accords multilatéraux certaines mesures ont été adoptées comme la création de l’Autorité Nationale Désignée (AND) chargée de mettre en œuvre le protocole de Kyoto Convention Cadre des nations Unies sur les gaz à effet de serre.

Pour l’exploitation des mines et Carrières le MDE a pris des mesures d’interdiction de sites jugés dangereux dans les villes de St Marc et des Gonaïves. Dans le domaine de la surveillance environnementale, une Police a été structurée à travers un accord interministériel Environnement / Justice.

En matière d'éducation relative à l’environnement (ERE), le MDE a privilégié une approche de sensibilisation de la population et des décideurs au niveau du parlement par le biais de la Commission Environnement de la Chambre des députés, des juges à l’Ecole de la Magistrature et des agents de douanes pour le contrôle et la restriction des produits chimiques et substances dangereuses pour l’environnement.

Le Bilan du MDE pour ses Cents premiers jours relève un ensemble de contraintes entre autres les limitations budgétaires, l’espace inadapté et le manque de ressources humaines qualifiées. Le rapport du MDE sur les Cents premiers jours souligne que le budget alloué au ministère pour l’exercice 2006-2007 ne représente que 0.37% alors qu’il était de l’ordre de 0.51% en 2002.

Toutefois, l’intérêt accordé par le parlement et la sollicitude manifestée par la communauté internationale permettent de croire en de meilleures perspectives dans les temps à venir termine le bilan du MDE.

Eddy Trofort

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29 Noviembre 2006

terre brulee

Une Terre Brûlée de Poésie

Si la poésie est une forme d’expression littéraire caractérisée par une utilisation harmonieuse des sons et des rythmes du langage et par une grande richesse d’images, on peut dire un grand merci à ce poète contemporain ″Gary AUGUSTIN″ pour son poids dans la balance littéraire haïtienne depuis son apparition avec son premier recueil de poésie titré ″Girandole du Jour″ publié en 1994. Après ce silence qui brûle le temps et le jour de ses lecteurs, ″Gary AUGUSTIN″ revient avec sa Terre Brûlée projetée vers tous ceux et celles qui croient dans l’écriture.

Ce dernier texte de ″Gary AUGUSTIN″ est une œuvre qui frôle la légende d’un monde fabuleux et coloré d’un désir éclatant, dont l’univers poétique brûle l’espace littéraire d’une musique qui coule et qui court dans les artères de nos espaces culturels pour susciter l’au-delà d’un nouveau monde poétique réel par le biais d’une poésie lumineuse, faite de rythmes sonores où les images courent sous les regards de : ″Nous qui sommes de cette terre comme la mousse sur l’âge des pierres.

L’amour est traité dans un rythme lourd qui arrive au creux des syllabes.
″L’amour est une larme vacante″..
Une larme de vœux incessants. L’auteur anime sa poésie avec l’esprit de nature et d’oxygène quand il célèbre sous sa plume alourdie, les cerisiers en fleurs - comme des vœux d’amour pour saison atrophiée.

Tout se défile au ralenti dans la marge de ce recueil où tristesse, ″mal être″ . ″espoir″ figurent à ‘’bout de rêve’’, figurent par morceaux de surprises, par passages en suspens, le poète veut se libérer de ses contraintes journalières pour vider ses réserves contre la prescription du quotidien avili.

Dix ans à confronter une écriture dans le sens de la mémoire. Dix ans à récupérer des morceaux de pensée éparpillés pour refaire des chansons vouées à la mélodie de l’écriture contre cette ‘’Terre Brûlée’’, brûlante encore. ‘’Terre Brûlée’’ brûlante encore.
‘’Terre Brûlée’’ où point de places pour faire danses les pierres.
Point de regards pour amorcer sa peinture contre la maladie des ″paupières fatiguées″ contre le vide, le blanc et le trou.

Le poète ne sait par où lancer son cri puisqu’il ne trouve pas une piste ferme.

Terre Brûlée où par laisser
Le chant cassé de l’oiseau
Mon pays est-ce cette pierre mal taillée
Cette boule…

Hélas ! Les vers sont de fous soucis.
Lueur de sang au flanc des pinèdes
Mon pays s’endort d’un rêve lourd

Toute la thématique du livre tourne autour d’un amour pesant malgré les tendances en retard d’évolution. Malgré les rebonds d’un futur qui arrive incertain au visage d’un lectorat en difficulté de répondre aux caprices de la lecture.

Quand on lit la poésie de ″Gary AUGSUTIN″, on frôle des corps, on rêve, on dessine des visages caressés, on se retrouve vers une attirance du vide qui viole le temps.

Cette poésie qui tourne dans les pages de ce recueil de poèmes, allume le feu dans le miroir glacé de ce poète qui ne cesse de courir après ses mots.

Ce recueil est un signe de ce créateur à faciliter le jeu entre le découragement et l’envie de se récréer en créant aussi par des lancées poétiques qui viennent libérer un espace propre à soi. Une nouvelle façon de créer des horizons au rythme de la couleur d’un azur fugitif :

″Chaque homme met sa part de fleurs″
″Et rêve de quart d’étoiles″….

Lire les poèmes de ″Gary AUGUSTIN″, c’est contempler le naufrage de la parole qui dort dans les secrets des miroirs brisés.

″Gary AUGUSTIN″, poète, journaliste et critique d’art est né à Port-au-Prince en 1958. Il a fait ses études secondaires au Collège Catt’s Pressoir . Passionné de littérature et de peinture, il a publié de nombreux articles dans le domaine de l’art et ses poèmes ont paru dans divers journaux et revues.
Terre brûlée est sa toute dernière publication.

Jean Pierre Jacques Adler
ANPPAC

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