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16 Enero 2012

Limonade, le jour d'après

Au lendemain de l'inauguration du campus universitaire de Limonade, les actvités continuent. Un colloque s'est tenu sur le campus le vendredi 13 janvier 2012. Le thème : « Construire une université haïtienne pour une nation haïtienne de bien-être et de prospérité », Le conférencier: le Dr Samuel Pierre, professeur titulaire de génie polytechnique à l'université de Montréal.

Haïti: Vendredi 13 janvier 2012, 8h45 a.m., Limonade. Les bâtiments flambant neufs de l'université Roi Henri Christophe, inaugurés la veille, rayonnent majestueusement sous le soleil. Des ouvriers haïtiens et dominicains sont à pied d'oeuvre. Certains ramassent des ordures, d'autres arrosent des fleurs ornant ce petit joyau.

Juste en face, une marchande de vêtements usagés et des marchands de boissons gazeuses et d'autres produits prennent place. « Ils sont là depuis les premiers jours des travaux de construction de cette université », fait remarquer un des trois agents de sécurité, qui sont accompagnés des agents de l'Unité départementale d'intervention et du maintien de l'ordre (UDMO), qui montent encore la garde à l'entrée de ce complexe universitaire.

Des étudiants de la région défilent. Des professeurs arrivent également, parmi lesquels le recteur de l'Université d'Etat d'Haïti, Jean Vernet Henry. Ils prennent tous place dans le magnifique auditorium de cette université offerte par la République dominicaine pour participer au colloque sur le fonctionnement de ce campus qui se cherche encore un curriculum en dépit de son inauguration officielle.

« Ce que nous avons aujourd'hui, c'est un complexe universitaire, un ensemble d'édifice. L'université est loin d'être un complexe immobilier. L'université est un contenu de formation, des programmes d'études, un corps professoral compétent, qualifié et dévoué, mais également un bassin d'étudiants choisis au mérite bénéficiant de ce programme. Aujourd'hui, ce qu'on a, c'est un contenant », a expliqué le conférencier, le professeur Samuel Pierre, au Nouvelliste, peu avant le colloque.

La démarche, dit-il, a été faite à l'inverse, mais de manière générale on commence par faire le contenu avant le contenant. « Comme on a le contenant, on doit réfléchir ensemble de manière à ce qu'il y ait un contenu qui soit à la hauteur des attentes de la population, particulièrement de la jeunesse haïtienne », a ajouté le professeur.

Selon le professeur, le but de ce colloque est de voir comment on peut faire pour que l'université qui est un moteur de développement national puisse se constituer et jouer son rôle. « Aujourd'hui, nous avons au pays un très grand nombre d'institutions qui sont considérées comme des institutions universitaires, alors qu'en fait il n'y a pas un système universitaire qui régule l'ensemble des opérations de ces institutions », critique le Dr Samuel Pierre, professeur à l'Université de Montréal.
« Nous avons des universités qui n'en sont pas. Même lorsqu'elles font des efforts, il n'y a pas un cadre légal qui les stimule, qui régule leurs activités », a-t-il poursuivi.

La cérémonie d'inauguration

Les gouvernements haïtien et dominicain ont procédé, le jeudi 12 janvier 2012, à l'inauguration du campus de l'université Roi Henri Christophe, construit sur 144 000 mètres carrés à Limonade par la République dominicaine. Les autorités haïtiennes - non sans honte - n'ont pas cessé de remercier le président Leonel Fernandez et le peuple dominicain pour exprimer leur gratitude pour ce joyau qui ne coûte pas plus que 50 millions de dollars.

A l'occasion de la commémoration des deux ans du séisme, l'un des événements qui a marqué ce jour a été l'inauguration du campus de l'université Roi Henri Christophe à Limonade. Au cours d'un sommet tenu à Punta Cana en République dominicaine, quelques mois après le tremblement, le président dominicain, Leonel Fernandez, avait offert un campus à l'Etat haïtien. Contrairement à des bailleurs qui se contentent de faire des promesses sans les tenir, la République dominicaine s'est distinguée.

Jeudi 12 janvier, 8h45 a.m. , le décor est déjà planté. Des militaires dominicains, des agents de la police nationale et des soldats de la Minustah sont déjà sur place. Des hélicos survolent Limonade. La presse dominicaine est fortement mobilisée pour l'inauguration de ce campus, peint en gris et jaune, offert par la République dominicaine. A l'entrée du campus est écrit : « Université d'Etat d'Haïti. Campus de Limonade. Don de la République dominicaine ».

Nombreux étaient les membres des gouvernements haïtien et dominicain, les membres du corps diplomatique et consulaire, les parlementaires, les délégations d'étudiants haïtiens et dominicains, les invités, à être remarqués dans le grand amphithéâtre du campus décoré aux couleurs haïtiennes et dominicaines. Solidarité dominicaine-haitienne oblige.

« Nous souhaitons que l'on va la garder propre, qu'elle ne va pas être salie avec des graffiti tout autour », chuchote un confrère de la presse.»  

Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports.

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En effet, selon le président Leonel Fernandez, qui a prononcé un vibrant discours en la circonstance, la tragédie haïtienne du 12 janvier 2010 a été une occasion pour le gouvernement dominicain de témoigner sa solidarité envers le peuple haïtien. « Le temps est venu pour que de la tragédie surgisse l'espoir », a indiqué M. Fernandez, qui n'a pas cessé de saluer le courage du peuple haïtien qui, selon lui, doit être fier de sa culture, en citant des auteurs haïtiens qui ont acquis une renommée internationale.

Pour M. Fernandez, le campus offert est un « acte d'amour » qui doit être un espace de débats, de discussion intellectuelle devant contribuer au développement du pays.

« En choisissant de nous doter d'un campus universitaire moderne, vous montrez combien vous vous attachez à participer à nos efforts de relèvement (...); nous exprimons aujourd'hui notre gratitude, par le plus beau mot de la langue française « merci » », a déclaré le président Michel Martelly.

D'après le chef de l'Etat, cette université se doit d'être « une plateforme qui permettra de rapatrier une bonne partie de nos cerveaux, de nos scientifiques partis de nos cieux incléments pour se valoriser. « Mon espoir est de voir cette université servir de véritable catalyseur, pour forcer la modernisation du système universitaire haïtien. Elle doit être une université complète, avec une mission d'excellence dans tous les domaines du savoir, notamment dans les domaines des sciences et de la technologie. Elle doit servir de catalyseur pour favoriser le développement intégré d'un système d'enseignement supérieur public au niveau régional, ouvert, compétitif et accessible à tous sans exclusive », a indiqué le président haïtien.

De son côté, le recteur de l'Université d'Etat d'Haïti, Jean Vernet Henry, a aussi exprimé sa gratitude envers le peuple voisin. « Monsieur le président Leonel Fernández, l'Université d'Etat d'Haïti vous félicite, elle demande aux responsables dominicains ici présents de bien vouloir transmettre à toute leur nation, le sentiment de gratitude du peuple haïtien », a déclaré le recteur, regrettant qu'Haïti ait mis trop de temps pour comprendre que les pays qui se développent ont investi dans la formation supérieure.

« Le Conseil exécutif de l'UEH, avec votre déterminant appui et celui du Premier ministre, le Dr Garry Conille, et son gouvernement, prend l'engagement d'ajouter à ce campus une résidence pour les étudiants et avec l'aide de madame Michaëlle Jean, avec qui nous travaillons, une auberge pour recevoir nos professeurs visiteurs », a ajouté M. Henry en s'adressant au président Michel Martelly.

"Un élan à Haïti"

« Nous savons quel mot nous devons utiliser pour traduire nos sentiments de gratitude à l'endroit de Son excellence le Dr Leonel Fernández qui nous a donné ce campus universitaire, foyer de l'instruit, de la science et de la connaissance », a déclaré, pour sa part, le maire de la commune de Limonade, Jean Delavoix Manguira, estimant que le président dominicain a donné un « élan à Haïti ».

« Nous vous assurons que dans 10 à 20 ans, les 72 salles de classe que vous avez données, seront multipliées par deux, par trois ou plus », a ajouté le maire, ému face à ce grand cadeau, souhaitant le renforcement et la continuité de la coopération insulaire.

Quid de la gestion et du curriculum ?

Le campus est inauguré, mais qu'en est-il de sa gestion ? Car cette université de 72 salles de classe, sans compter les salles de laboratoire, la bibliothèque, la cafétéria, les salles de réunion, fait l'objet d'une querelle entre des membres du secteur privé de la société civile et ceux du rectorat de l'UEH. Le recteur annonce déjà des inscriptions pour février, mais les disciplines qui seront dispensées ne sont pas encore connues. Il a toutefois annoncé qu'une cellule va être mise sur pied pour la maintenance et l'entretien de ce « petit joyau ».

« Ce campus entre dans le patrimoine de l'Université d'État d'Haïti; cependant, pour préparer la transition, deux structures sont créées. La gestion quotidienne sera assurée par un conseil provisoire élargi, en vue de renforcer les équipes locales qui gèrent les trois institutions d'enseignement supérieur publiques de la région », a précisé, de son côté, le président Michel Martelly.

Pour élaborer le projet d'établissement, dit-il, un comité technique va être « immédiatement » mis en place. « Il sera composé d'universitaires expérimentés évoluant en Haïti ou à l'étranger qui devront, dans un délai ne dépassant pas quatre mois, faire valider les programmes de formation, les moyens humains, financiers, techniques et organisationnels pour une rentrée universitaire prévue en septembre 2012 », a conclu le chef de l'Etat.

Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouivelliste.com

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25 Diciembre 2011

Des problèmes techniques dans la reconstruction de l'HUEH


Plus d'un an après son inauguration, le projet de reconstruction de l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH) - endommagé par le séisme de 2010 - est confronté actuellement à des problèmes techniques, a révélé le directeur général du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), Gabriel Timothé, lors d'une interview accordée à Panel Magik. Si les 52,3 millions de dollars nécessaires à son exécution sont disponibles, ce projet, approuvé par la CIRH et prévu pour une durée de 5 ans, n'a pas encore un chronogramme d'activités fixe.

Haïti: La construction des nouvelles installations du plus grand hôpital universitaire d'Haïti n'est pas pour demain. Ce projet, dont la pose de première pierre a été effectuée en septembre 2010, en présence du chancelier français d'alors, Bernard Kouchner, fait aujourd'hui face à des complications techniques qui ralentissent sa mise en oeuvre, a informé le directeur général du MSPP, Gabriel Timothé. Si le plan de reconstruction de l'HUEH a été réalisé dans un délai record au lendemain du tremblement de terre de 2010, selon le directeur de l'Agence française de développement (AFD) en Haïti, Yves Malpel, la construction de la nouvelle infrastructure ne sera pas aussi rapide, de l'avis de M. Timothé, qui a annoncé le début des activités de construction pour le troisième trimestre de 2012.

« Il ne se pose pas de soucis financiers, a indiqué le directeur général. Les 52,3 millions de dollars nécessaires à l'exécution de ce projet sont sécurisés et disponibles. Les gouvernements américain et français ont contribué, chacun, à hauteur de 25 millions de dollars et l'Etat haïtien a complété le financement du budget ». Mais la disponibilité des fonds ne suffit pas. « Avant que les firmes de construction commencent, il y a certains aspects contractuels qui ne sont pas encore définis, étant donné que ce n'est pas un seul bailleur de fonds qui supporte ce projet », a-t-il expliqué, soulignant que ces problèmes d'ordre technique modifient de façon substantielle le chronogramme des activités.

Pour assurer cette reconstruction, il a été créé un comité de pilotage dirigé par le MSPP. Dans cette équipe, figurent des représentants des ambassades américaine et française ainsi que du PNUD à travers l'United Nations Office for Project Services (UNOPS). « Nous avons choisi de démolir le bâtiment de manière progressive », a mentionné Gabriel Timothé. « Ainsi, en même temps que nous travaillons sur la reconstruction des nouveaux locaux, il faut continuer à assurer les trois vocations de l'hôpital, à savoir la formation et le stage des médecins, l'offre des services sanitaires ainsi que la conduite des recherches », a ajouté le directeur général.

« La section de pédiatrie de l'hôpital, son laboratoire et une partie de la médecine interne sont déjà rasés », a informé Gabriel Timothé, soulignant que le projet est à la phase de la démolition des installations actuelles. « Ce travail s'opère alors qu'il y a certains services de l'hôpital qui doivent continuer. D'où la nécessité de relocaliser les services de façon graduelle », a poursuivi le directeur général, pour qui le processus de cette reconstruction durera encore un certain temps.

Carl-Henry CADET

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25 Diciembre 2011

Al menos 38 haitianos mueren en un naufragio en las costas de Cuba

Al menos 38 haitianos mueren en un naufragio en las costas de Cuba

Otras 87 personas han podido ser rescatadas, según ha informado la televisión cuba

Al menos 38 personas murieron y 87 fueron rescatadas hoy tras el naufragio de una embarcación de emigrantes haitianos en la costa este de Cuba, informó la televisión estatal cubana.

Según una nota divulgada por el Estado Mayor Nacional de la Defensa Civil de Cuba, guardias de fronteras de la isla encontraron el restos de la embarcación este sábado a unos 100 metros al este de Punta Maisí, en el extremo de la provincia oriental de Guantánamo.

Las labores de búsqueda y rescate de las fuerzas cubanas han permitido encontrar hasta el momento 38 cadáveres de 21 hombres y 17 mujeres. Asimismo, han sido salvadas 87 personas, de ellas 80 hombres y siete mujeres.

Dentro del grupo de los rescatados con vida cuatro son menores que actualmente reciben atención en un campamento internacional de inmigrantes en Punta Maisí.'Fuerzas combinadas de la Cruz Roja cubana y las autoridades locales continúan la búsqueda, el rescate y salvamento en la zona', agrega la nota.

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19 Diciembre 2011

la Ministre de la sante lance les etats generaux de la sante en Haiti

La ministre de la sante publique et de la population en haiti a lance ce lundi les Etats generaux de la sante dans les dix(10) departements geographiques du pays. Ces etats qui permettront aux professionnels de la sante de produire des reflexions dans toutes les regions D'haiti, ce pays ravage par un terrible tremblement le 12 janvier 2010, aideront a l'elaboration de deux(2) documents cadres: la politique nationale de sante et le plan strategique national de sante pour les 20 et 10 prochaines annees. Mme Florence D. Guillaume a appele tous les secteurs a participer aux assises.

Pour l'annee 2011, les elus locaux (Senateur, depute,maire, Asec,casec) sont invites aussi aux assises afin de donner aux documents un aspect multidimensionnel a revele la titulaire du MSPP. ''la sante englobe tous les aspects de la vie et ce n'est pas une simple affaire de maladie, c'est le bien etre total de l'individu'' a t-elle souligne. ces etats generaux couteront 26 millions de gourdes a L'etat haitien et devraient prendre fin avant la fin de l'annee 2011. En janvier 2012, l'analyse des données recueillies des etats generaux serviront de guide pour l'elaboration des documents cadres.

Repondant aux questions des journalistes sur les plans de sante de ses predecesseurs, Dr Florence duperval Guillaume a indique que le Ministere peut faire mieux avec l'argent depense au cours des annees anterieures sans pour autant miniser les travaux realises dans le passe.

Eddy Trofort

etrof16@yahoo.fr

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6 Septiembre 2011

Un jeune de Port-Salut violé par des casques bleus

Le Nouvelliste publie in extenso le rapport du Réseau national de défense des droits humains RNDDH sur le cas de viol rapporté à Port-Salut sur le jeune Johny Jean
Haïti: Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), informé d'un cas de viol impliquant des agents uruguayens de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) basés à Port-Salut, dans le département du Sud, a dépêché, le vendredi 2 septembre 2011, une délégation sur les lieux afin de se renseigner davantage sur les faits. Par la publication de ce rapport, le RNDDH se propose de partager avec les communautés nationale et internationale les conclusions de ses investigations.
Dans le cadre de cette enquête, le RNDDH a rencontré les personnes suivantes : 1. La victime, Johny Jean ; 2. Les parents de la victime : - Rose-Marie Jean, mère de la victime; - Joseph Antoinier Prosper, beau-père de la victime; - Clivens Dony, frère de la victime; - James Denis, frère de la victime; - Dimy Jean, frère de la victime; 3. Un membre de la population - Ernso Valentin ; 4. Les autorités - Paul Tartre, juge de paix de Port-Salut; - Octave Jean, inspecteur principal, responsable du commissariat de Port-Salut.
Port-Salut est une commune du département du Sud. Elle accuse une superficie de quatre-vingt-dix kilomètres carrés, quarante-cinq centièmes (90 km245). Elle comprend quatre (4) sections communales et compte environ quarante mille (40 000) habitants.
A Port-Salut, les agents uruguayens du contingent de la MINUSTAH sont basés respectivement au PS Hôtel, situé à la rue François Capois, à proximité du lycée Jean Hubert Feuillé et à l'Uruguay Batallion Naval Task Group, une base navale localisée à la rue du Quai, près de la cité du bord de mer et du marché de Port-Salut. Ils assurent la surveillance et la protection maritimes de la côte sud du pays. Leur présence contribue à la diminution du trafic de produits illicites. De plus, ils interviennent dans les cas d'accident de la circulation, offrant leur assistance aux autorités policières en cas de sollicitation.
Ces agents entretiennent avec des filles et des femmes de la population des relations sexuelles contre les produits alimentaires. Ils ont introduit des mineurs issus de familles pauvres dans des activités commerciales sous forme de troc. En effet, pour se pourvoir en alcool, en cigarettes, en cartes de recharge et en produits illicites comme la marijuana, ces agents donnent aux mineurs des produits alimentaires qu'ils reçoivent pour leur consommation, à charge pour ces derniers de les échanger pour eux. Cette activité connue dans la commune sous le nom de « Cambiar » a été instituée par les agents de la MINUSTAH depuis leur arrivée.
Il faut souligner que cette activité a rapproché les agents de ces mineurs qui assurent le troc à leur compte. Conséquemment, ces mineurs se targuent d'être les amis de ces agents de la MINUSTAH qui profitent de cette prétendue amitié et de leur naïveté pour les abuser. De plus, il est fait état que les agents de la MINUSTAH mènent à Port-Salut une vie de débauche, se retrouvent dans les bars et sur les plages à toute heure du jour et de la nuit, dorment chez leurs concubines, et établissent dans la commune des activités de prostitution contre produits alimentaires.
Johny Jean, né le 12 décembre 1992, est le dernier fils d'une famille de quatre (4) enfants. Il est admis en cinquième (5e) année fondamentale à l'école communautaire de Port-Salut. Cependant, pour des raisons économiques, Johny Jean n'a pu aller à l'école au cours de l'année académique 2010-2011. Il est présenté par sa famille comme étant un jeune très actif, corpulent et aimant le sport, particulièrement le football.
Johny Jean figurait parmi les mineurs qui fréquentaient les agents de la MINUSTAH et procédaient aux activités de troc au profit de ces derniers. Mais il s'est rapproché d'un dénommé Pocho, un Uruguayen, agent de la MINUSTAH, qu'il considère comme étant son ami.
Le jeudi 28 juillet 2011, aux environs de quatre heures de l'après-midi, Johny Jean revenait d'un match de football et passait près de L'Uruguay Batallion Naval Task Group, situé à quelques mètres de chez lui, lorsqu'il a été violemment agrippé par un des agents de la MINUSTAH connu sous le nom de Kolke. Ce dernier l'a introduit de force dans une chambre située sur la base où se trouvaient déjà deux autres agents répondant aux noms de Léo et Nicolas Casariego. Ils ont fait appel à un autre agent, connu pour sa part, sous le nom de Rodriguez, qui sortait nu après son bain.
Les quatre agents ont maltraité à coups de poing le jeune Johny Jean. De plus, ils l'ont contraint à s'allonger sur un matelas préalablement placé à même le sol. Son pantalon a été déchiré du côté de l'enfourchure. Retenu mains au dos, l'agent Rodriguez a été le premier à le violer par sodomisation, suivi dans son forfait par Léo. Ces agents n'ont pas utilisé de préservatif pour commettre le viol qui, selon toute vraisemblance, a été bien planifié.
Tout au cours du viol, Johny Jean appelait son ami Pocho au secours. Ses agresseurs, ne voulant pas que Pocho vienne en aide à leur victime, ont délibérément fermé la porte à clé. Pour sa part, Nicolas Casariego enregistrait la scène à partir de son portable, dans une atmosphère macabrement hilare.
Johny Jean, après avoir subi le viol, est rentré chez lui. Il n'a raconté les faits à personne, de peur d'être stigmatisé et humilié dans la commune. De plus, en raison du fait que sa mère lui avait préalablement interdit de fréquenter les agents, il n'a pas non plus rapporté le viol à ses parents. La victime saignait et se sentait fébrile. Conséquemment, il a décidé de découcher, pour éviter tout soupçon de ses parents. Non contents d'avoir violé et battu Johny Jean, les agents uruguayens se sont fait un plaisir de montrer la vidéo aux jeunes habitués de la base, tous amis de la victime. L'un d'entre eux, ingénieux, a enregistré la vidéo grâce à laquelle l'exaction est rendue publique.
Parallèlement, les images, répandues sur internet et diffusées dans toute la communauté, ont interpellé un ami de la famille qui vit à l'étranger. Ce dernier a appelé la mère et a partagé avec celle-ci les informations qu'il détenait. C'est ainsi que le 24 août 2011, les parents de Johny Jean ont été mis au courant du viol subi par leur progéniture.
Le 30 août 2011, près d'un mois plus tard, Johny Jean a été ausculté à l'Hôpital communautaire de Référence (HCR) de Port-Salut. « L'examen physique de la victime a révélé une lacération de deux millimètres environ, en voie de cicatrisation au niveau de la marge anale. Cependant, aucune prophylaxie n'a été réalisée pour la victime en raison du délai écoulé. En ce sens, il est conseillé de faire un suivi para-clinique des maladies sexuellement transmissibles tant pour les agresseurs que pour la victime. »
Le juge de paix de Port-Salut, Paul Tartre, informé du viol par le clameur publique, s'est transporté le 30 août 2011 sur les lieux de résidence de la famille et a recueilli les déclarations relatives au viol. Le 31 août 2011, le dossier, ensemble le pantalon et le maillot que portait la victime lors du viol, a été transmis au parquet du tribunal de première instance des Cayes pour les suites légales.
Le RNDDH note que depuis leur arrivée en Haïti, plusieurs agents de la MINUSTAH sont impliqués dans des cas de viol, de vol, de bastonnade, d'assassinat et d'arrestations illégales et arbitraires. Les cas suivants peuvent être pris en exemple : 1. Le 18 février 2005, trois agents pakistanais du contingent de la MINUSTAH basés aux Gonaïves ont violé Nadeige Nicolas.
2. Le 20 mars 2005, Robenson Laraque, journaliste de Radio Télé Contact, a été mortellement atteint par des projectiles tirés par des agents de la MINUSTAH qui délogeaient les anciens militaires du commissariat de police de Petit-Goâve ;
3. Le 26 novembre 2005, au Carrefour Trois mains, sur la route de l'Aéroport, Marie Rose Précéus a été contrainte de faire une fellation pour un soldat jordanien avant d'être violée par sodomisation par ce dernier ;
4. Le 20 décembre 2006, Stephane Durogène, étudiant en troisième année au Centre de Formation classique et économique (CFCE) a été atteint de projectiles à l'oeil gauche tirés par des agents de la MINUSTAH alors qu'il passait près du commissariat de Delmas 62;
5. Le 3 novembre 2007, cent onze agents Sri-lankais sont impliqués dans un cas d'abus et d'exploitation sexuels dont sont victimes des mineurs ;
6. Le 29 mai 2008, le policier Lucknis Jacques, affecté au commissariat de Cité Soleil a été molesté par des agents de la MINUSTAH ;
7. Le 6 août 2008, les agents de la MINUSTAH ont brutalisé deux policiers, Donson Bien-Aimé, agent 2 et Ronald Denis agent 3, tous deux affectés au commissariat de Cité-Soleil. Ces faits ont été perpétrés contre les victimes en dépit du fait qu'ils se soient clairement identifiés ;
8. Le 18 août 2010, un mineur orphelin, âgé de seize ans, répondant au nom de Gérald Jean Gilles a été retrouvé pendu à un amandier qui se trouve sur la base des soldats népalais de la MINUSTAH, située à Carénage, au Cap-Haïtien. Ce mineur fréquentait la base et rendait de menus services aux agents qui y sont affectés ;
9. A la mi-octobre 2010, les agents népalais de la MINUSTAH affectés à Mirebalais sont impliqués dans l'apparition et la propagation du choléra en Haïti par le déversement de déchets humains dans les rivières Boukan Kanni et Jenba;
10. Le 12 mai 2011, Géna Widerson élève en septième année fondamentale au collège Centre de Formation Classique de Verrettes, département de l'Artibonite, âgée de quatorze ans, est atteinte de deux projectiles tirés par des agents de la MINUSTAH. Cet incident s'est produit au moment où des élèves du lycée Jacques Stephen Alexis organisaient une manifestation contre la révocation d'un enseignant.
Ces faits ne sont pas exhaustifs. Cependant, dans tous les cas susmentionnés, le RNDDH met en cause la responsabilité de la MINUSTAH, et par voie de conséquence, celle de l'ONU car il est inconcevable que des agents engagés dans une force onusienne, fonctionnent en dehors de toute règle de redevabilité et s'adonnent à des activités répréhensibles de toute sorte sous le couvert de leur immunité conférée par l'ONU.
Aujourd'hui, toute la communauté de Port-Salut détient la vidéo du viol, sujet prisé des discussions, ce qui constitue en soi une stigmatisation à l'encontre de la victime.
Conséquemment, si rien n'est fait pour accompagner Johny Jean en vue de l'aider à surmonter cette douloureuse épreuve et à reprendre les rênes de son existence, il risque de ne trouver aucun goût à la vie.
Les auteurs du viol crapuleux prémédité, perpétré sur Johny Jean doivent être sanctionnés avec la dernière rigueur. L'Etat haïtien ne peut accepter que ce dossier rejoigne les nombreux cas de violations impliquant les agents de la MINUSTAH et placés dans les tiroirs. Johny JEAN a droit à un procès juste et équitable pour tous les torts qui lui ont été causés.

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2 Septiembre 2011

conille doit regler ses papiers avec l'ONU avant d'etre designe Premier Ministre

Conille doit régler ses papiers avec l'ONU avant d'être désigné Premier ministre

Il est en attente de sa désignation officielle. Jusqu'à 9 heures jeudi soir, la lettre officielle de la désignation de Garry Conille n'avait pas encore été envoyée aux présidents des deux branches du Parlement, a confié au Nouvelliste le chef de cabinet du président, Me Thierry Mayard Paul. Parallèlement, les responsables du groupe des 16 attendent l'officialisation de ce choix avant de se positionner clairement.

Haïti: La désignation officielle de Gary Conille traîne encore pour le simple fait que ce dernier veut avoir du temps pour solliciter et obtenir une mise en disponibilité aux Nations unies, là où il travaille depuis 2004. « Il est un fonctionnaire de l'ONU. Il doit régler d'abord ses papiers avec son employeur et obtenir une autorisation avant de laisser son travail. Pour le moment, il n'a pas encore cette autorisation. C'est ce qui explique ce retard dans la désignation... », a expliqué au Nouvelliste des sources concordantes proches du chef de l'Etat.

Normalement, si Gary Conille démissionne volontairement de son poste aux Nations unies,l perd automatiquement tous les avantages liés à ses nombreuses années de service. Et si son choix est rejeté par le Parlement, il perdrait pratiquement tout. Comme on dit dans notre vernaculaire, « ni sak ni krab ».

En revanche, s'il arrive à obtenir une mise en disponibilité pour laisser son poste au système des Nations unies pour une, deux ou trois années, il pourrait récupérer sans problème son travail quelle que soit l'issue de sa désignation par le chef de l'Etat.

Une fois sa désignation officialisée par le président Martelly, Garry Conille sera considéré comme démissionnaire et traité en tant que tel à l'ONU. C'est pourquoi, le Dr Conille a demandé au chef de l'Etat de retarder sa désignation, le temps pour lui de se mettre d'accord avec les responsables des Nations unies.

Dans une rencontre au Palais national mercredi soir avec son groupe majoritaire de 58 députés, Michel Martelly avait clairement dit aux parlementaires qu'il a fait choix de Gary Conille pour être son Premier ministre, a révélé le député Abel Descolines. Il n'est que d'attendre les formalités officielles. « Le président nous a dit qu'il a fait choix du Dr Conille parce que ce dernier maîtrise très bien les dossiers internationaux et a une expérience de travail avec les bailleurs de fonds... », a rapporté le parlementaire.

Selon le président du Sénat, Rodolphe Joazil, effectivement, le nom de Gary Conille a été l'objet des discussions lors de la consultation du chef de l'Etat avec les présidents des deux branches du Parlement. Toutefois, le président de l'Assemblée nationale dit attendre la désignation officielle du Dr Conille.

De son côté, le coordonnateur du Groupe des 16 , le sénateur Joseph Lambert, se dit prêt à accorder un vote favorable à tout candidat à la Primature ayant un profil de rassembleur et capable d'harmoniser les relations entre les pouvoirs exécutif et législatif. Le parlementaire n'a toute fois pas voulu se prononcer sur le choix de Gary Conille. Il n'a pas encore discuté de cette personnalité avec le chef de l'Etat, a-t-il dit.

Pour le sénateur Kély C. Bastien, le Groupe des 16 n'attend que la désignation officielle de Gary Conille pour se positionner. Selon l'ancien président du grand Corps, son bloc, majoritaire au Sénat, tombeur de Bernard Gousse, restera toujours uni.

Par ailleurs, anticipant sur les critiques qui font croire qu'il ne respecte pas les voies tracées par l'article 157 de la Constitution pour être Premier ministre, Gary Conille a fait ces déclarations, jeudi, sur Radio Vision 2000 : « Ma résidence permanente est en Haïti. Je travaille à l'extérieur pour l'ONU dont Haïti est membre. C'est comme si je travaillais pour Haïti », a-t-il expliqué.

Wyclef Jean, avant lui, avait échoué dans cette explication sur sa résidence lors des dernières élections. Pour devenir président, comme pour être Premier ministre, il faut résider cinq ans dans le pays, dit la Constitution.

Gary Conille travaille aux Nations unies depuis 2004. Il est actuellement, chef de Bureau de l'envoyé spécial (OSE) pour Haïti, le président William Clinton. Depuis juin 2011, il est coordonnateur résident du système des Nations unies et coordonnateur humanitaire au Niger.

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

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29 Agosto 2011

200 jours de classe: l'eternel defi

Contrairement à l’année académique 2010-2011, l’année académique 2011-2012 comportera environ neuf mois. En tout cas théoriquement. Elle est, et il n’est pas sans intérêt de le rappeler, notre deuxième année scolaire après celle qui a été grandement perturbée par le séisme du 12 janvier 2010

Contrairement à l’année académique 2010-2011, l’année académique 2011-2012 comportera environ neuf mois. En tout cas théoriquement. Elle est, et il n’est pas sans intérêt de le rappeler, notre deuxième année scolaire après celle qui a été grandement perturbée par le séisme du 12 janvier 2010. On souhaitait rattraper le temps perdu au fur et à mesure des années à venir. Mais l’année 2011-2012, avant même de commencer, vient de perdre environ 30 jours. Et dire que nous courons depuis longtemps vers un objectif mondialement prôné : 200 jours de classe par an.

Pas même 192 jours en temps normal
Dans plusieurs pays du monde, le nombre de jours de classe pour une année varie entre 150 et 200. En France, pays dont nous avons hérité beaucoup de nos pratiques, particulièrement nos lois et notre système éducatif, les écoles fonctionnent entre 175 et 180 jours. En Italie, par contre, elles arrivent jusqu’à 200 jours, et il en est ainsi dans plusieurs autres pays.
En Haïti, depuis quelques années, les calendriers scolaires prévoient 192 jours de classe par an. Avec seulement une dizaine de jours de congé, l’intervalle prévu dans le calendrier devrait permettre à toutes les écoles d’épuiser le programme établi pour chaque niveau d’étude. Mais entre journées de couleurs, carnaval prolongé, congé présidentiel et période électorale (presque tous les ans), l’école haïtienne peine à atteindre ce mince objectif de 192 jours.
Entre deux trimestres : le grand creux
Avant d’être divisée en quatre périodes, l’année scolaire en Haïti comportait trois trimestres. La Noël, la Pâque et les vacances d’été séparaient ces trois grands moments de l’activité académique. Les deux premiers durent jusqu’à présent un peu plus de deux semaines et les grandes vacances s’étendent désormais sur deux mois depuis que l’ouverture des classes a été avancée au mois de septembre. Mais dans l’anarchie qui caractérise le fonctionnement des établissements scolaires, majoritairement privés en Haïti, aucun de ces délais ne tient.
Les vacances de Noël se terminent normalement après la fête des Rois, aussi appelée Épiphanie et célébrée le 6 janvier. Pourtant, en Haïti, seules quelques écoles reprennent leur fonctionnement régulier dans la semaine qui suit. L’ironie du sort, c’est que même les écoles dites publiques ne respectent souvent pas la date de reprise. Ainsi, tout comme ces nombreux « collèges » unilatéralement mis sur pied par des particuliers mus presque uniquement par leurs intérêts commerciaux, les écoles publiques perdent une ou deux semaines à la rentrée de janvier.
Quelques semaines après la reprise de janvier, Haïti accueille chaque année sa période carnavalesque. Pratiquement ces festivités culturelles à l’échelle nationale devraient occasionner seulement trois jours de congé : lundi, Mardi gras et le mercredi des Cendres. Pourtant, même les écoles les plus huppées ne reprennent souvent pas dès le jeudi qui suit. D’autres encore s’ouvrent environ une semaine après.
C’est un peu le même cas de figure pour les vacances pascales qui, au lieu de durer deux semaines, retardent à chaque fois le début de ce qu’on appelait dans le temps le troisième trimestre. La Pâque s’ouvre aussi sur la dernière ligne droite de l’activité scolaire. Cette période est souvent vue comme un grand moment de détente. C’est l’heure des journées de couleurs à répétition, des journées à la plage, des échanges de cadeaux entre élèves, de la fête des Professeurs (17 mai), de l’anniversaire de l’établissement (pour la plupart)… Ces activités sont certes judicieuses et socialisantes, mais elles imposent des congés non prévus et des pertes de temps irrécupérables.
Élection et cyclone : les couvre-feux annuels
On n’a pas cessé de le dire : les élections trop fréquentes en Haïti paralysent trop d’activités et jouent négativement sur l’état de santé de l’économie haïtienne. Presque chaque année, on vit chez nous une période électorale marquée par des congés fantaisistes et des arrêts de travail forcés. Le lundi qui suit un dimanche électoral en Haïti est chômé par toutes les écoles et il en est de même du vendredi d’avant. Aussi l’atmosphère électorale, les incidents de campagne, les affrontements entre candidats, la fièvre des résultats contribuent-ils, parmi d’autres facteurs, à ralentir le rythme de fonctionnement des écoles.
La nature aussi apporte son lot de congés intempestifs chaque année. La saison cyclonique qui s’étend sur six mois (du 1er juin au 30 novembre) s’accompagne presque toujours de tempêtes, d’ouragans et de cyclones dont la seule annonce fait perdre nécessairement au moins une bonne journée de classe. Ensuite, si les caprices de la nature nous apporte des dégâts, certaines villes ou sections communales connaissent parfois des cessations d’activités scolaires qui vont jusqu’à un mois ou plus.
Le report de la rentrée scolaire 2011-2012 est donc venu rallonger la longue liste d’heures creuses et de jours manquants qu’accusent depuis trop longtemps nos calendriers scolaires. Certains parents y voient un soulagement, mais des syndicats d’enseignants critiquent cette décision unilatérale de la présidence. Mais, en fait, à qui profite ce report ? Au président peut-être et à son programme d’éducation gratuite pour 146 000 enfants dès cette année. On retiendra entre-temps que le nombre de jours de classe diminuent tandis que les frais scolaires augmentent.
Eddy Laguerre edgu85@yahoo.fr

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29 Agosto 2011

Les meilleurs lapsus des politiques cette année

Par , publié le 29/08/2011 à 14:26

Les meilleurs lapsus des politiques cette année

Rachida avait prononcé "fellation" au lieu d'"inflation" le 26 septembre 2010.

Canal+

Du "fichier des empreintes génitales " à la "fellation quasi nulle", l'année fut riche en perles. A y regarder de près, elles ont des vertus. La principale: faire voler en éclats la langue de bois.

Rien qu'à l'Assemblée nationale, l'année a été un festival. Un jour d'avril, c'est François Fillon, les mots en volutes, qui évoque devant l'Hémicycle les "gisements de gaz de shit" - au lieu de "schiste". Au début de l'été, Claude Guéant s'emmêle les pinceaux sur la primaire socialiste. Le ministre de l'Intérieur s'approche du micro. Ses paroles vont laisser les députés pantois : "La question est de savoir si elle est conforme" au "gode électoral".

En septembre 2010, le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, avait voulu présenter son homologue, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Mevlüt Cavusoglu. Mais sa langue avait fourché. Il appela à la tribune un certain "Ceausescu". L'intéressé a dû apprécier d'être comparé au Génie des Carpates.

A l'approche de la présidentielle, les lapsus se multiplient comme les petits pains de la Bible. Trop de fatigue, de plans sur la comète, de stress: les politiques sont vite rattrapés, voire piégés, par leur inconscient. "Quand on prononce un mot pour un autre, c'est qu'on n'est pas totalement là, décrypte le député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis (PS). L'esprit est préoccupé par autre chose."

Il y a deux fichiers majeurs: le fichier des empreintes génitales et le fichier des empreintes génétiques.

Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le 17 octobre 2010, Brice Hortefeux, alors à l'Intérieur, n'a pas parlé que de sécurité publique: "Il y a deux fichiers majeurs, explique-t-il. Le fichier des empreintes génitales et le fichier des empreintes génétiques." Le lapsus: c'est l'"émergence de désirs inconscients, d'un conflit intérieur et de pensées refoulées", décrivait Sigmund Freud.

Jean-Marie Le Pen s'était illustré en 1984 en se prononçant pour le "rétablissement de la pine de mort", dans l'émission L'Heure de vérité. Un internaute, sur Midilibre.fr, ajoute un éclairage historique: "La langue française est originellement une langue de moines médiévaux un peu hypocrites qui, en fait, ne pensaient qu'à ça."

"Il faut s'autoridiculiser. Le lapsus humanise"

Réducteur? Un peu. Il n'y a pas que la paillardise qui soit à l'honneur. Souvenons-nous, en 2009, Bernard Kouchner s'était ému du sort de la communauté ouïgoure, malmenée en Chine: "C'est terrible, ce qu'on fait aux yoghourts", avait-il observé. Prononcée sur France Info, la phrase avait été diffusée par Rue89, via un extrait filmé, avant de faire le tour des blogs.

C'est terrible, ce qu'on fait aux yoghourts!

"Les possibilités offertes par les nouvelles technologies de l'information font que ce qui serait passé inaperçu hier est public aujourd'hui, note le conseiller en communication Jean-Luc Mano dans ses amusantes Perles des politiques (éd. Jean-Claude Gawsewitch). Caméras miniaturisées, smartphones, réseaux sociaux: on ne bafouille plus en privé."

Les intervieweurs ne sont pas moins gauches que les interviewés. Mano rapporte un souvenir du 13 Heures de TF 1, alors qu'il travaillait comme reporter. Envoyé sur un grand raout du PS, il devait dire, en direct: "Ce matin, Michel Rocard a présenté son texte au congrès..." Patatras ! c'est "sexe" qui résonne à l'antenne. Le journaliste, embarrassé, s'attend à des remontrances de Rocard, lequel lui glisse: "C'est peut-être ce que j'aurais dû faire, l'accueil aurait sans doute été plus chaleureux."

Dati chez le psy

"Les acteurs politiques passent leur temps à faire attention à ce qu'ils disent, du coup, les lapsus sont très intéressants, analyse German Arce Ross, docteur en psychologie et en psychanalyse. Prenons celui, devenu fameux, où Rachida Dati parle de "fellation quasi nulle", alors qu'elle souhaite parler d' "inflation quasi nulle". Il y a, au-delà de la connexion phonique entre deux mots, une vérité qui se dévoile. Cette vérité n'est pas forcément que l'auteur du lapsus pense à une fellation. Loin de là. Cela peut traduire simplement l'envie de décoincer une situation trop sérieuse ou embarrassante, de provoquer un moment de plaisir. En effet, la "fellation" dont il est question doit faire baisser l' "inflation" de l'organe sexuel, qui peut se comprendre comme l'érection."

Les bourdes assurent des reprises phénoménales. Le célèbre lapsus de Rachida Dati compte des centaines de milliers de résultats sur le moteur de recherche de Google: "Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20 ou 25% avec une fellation quasi nulle", avait assuré l'eurodéputée. C'était en septembre 2010, sur le plateau de Canal +. L'ancienne ministre avait continué, imperturbable, sa démonstration où il devait être question d'inflation.

Le lendemain, elle avait expliqué, tout sourire, sur RTL: "Je m'en suis rendu compte après coup. J'ai juste parlé un peu trop vite." Comment sauver la face? "Il ne faut surtout pas faire comme si de rien n'était, conseille le député maire (PS) de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier. Il faut s'autoridiculiser. Par exemple, on peut dire à son auditoire: 'Vous avez vu à quoi j'en suis réduit?' Le lapsus humanise."

Pour Morin, "difficile de faire comprendre à des cons"

Plus on s'exprime, plus les occasions de prendre la tangente se multiplient. Interrogé en février sur la radio Beur FM, Hervé Morin assure qu'il est difficile de faire comprendre à des "cons que la défense de la France se [joue] à 7 000 kilomètres de son territoire", en Afghanistan. Bien sûr, c'étaient les "concitoyens" que voulait convaincre l'ancien ministre de la Défense.

Quelques jours avant un remaniement, et alors que son nom est cité comme possible successeur de François Fillon, Luc Chatel n'est pas en reste. "J'ai toujours fait en sorte de garder du recul et de garder la tête froide, jure, sur les ondes de RCJ, l'élu, quelques jours avant un remaniement. Le président de la République m'a nommé Premier ministre." Avant de rectifier le tir: "Euh, ministre de l'Education nationale."

Le projet socialiste est extrêmement vague...

Le lapsus fait exploser la gangue de la langue de bois. "Le projet socialiste est extrêmement vague", a expliqué la première secrétaire du PS, Martine Aubry, lors d'une interview télévisée, en février, alors qu'elle voulait souligner son caractère "vaste". Lapsus révélateur, grincent les détracteurs de la maire de Lille.

A Truchtersheim, dans le Bas-Rhin, c'est Nicolas Sarkozy qui trébuche. Il présente, au début de l'année, ses voeux au monde rural. Le chef de l'Etat se dit très inquiet des distorsions de concurrence avec le voisin allemand. "Je ne le dis pas simplement parce que je suis en Allemagne, euh, je suis en Alsace." De quoi raviver un passé douloureux. D'ici à la présidentielle, les psychanalystes ne devraient pas chômer.

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