Les Infirmières Sage-femmes : Une spécialisation utile
Les Infirmières Sage-femmes : Une spécialisation utile
Elles sont une trentaine à fréquenter annuellement l'Ecole normale des infirmières Sages-femmes à la rue Monseigneur guilloux. Ce sont des infirmières diplomées des ecoles nationales venant faire leur spécialisation pour la maternité. Au bout d'un an, elles retournent sur le terrain renforcées et préparées à toute éventualité obstétrique. Après une difficile intégration, ces agents de santé, non reconnus par l'organigramme du ministère de la santé publique, se sont imposées dans le milieu grâce à leur compétence.
Pour la Directrice de L'Ecole normale des infirmières Sages-femmes, Ghislaine Carrénard Francoeur, l'apport de ces étudiantes dans le système sanitaire haïtien est considérable. Leur intervention dans les milieux ruraux permet de réduire le taux de mortalité maternelle qui varie entre 630 et 1000 décès pour 100000 naissances. Même si ce taux reste le plus élevé de la Caraïbe.
La prise en charge
Ces infirmières spécialisées assurent la prise en charge des femmes enceintes, participent à la vaccination et la planification familiale, font de la prévention et réalisent des Emissions radiophoniques de sensibilisation pour les communautés où elles travaillent. Mme Ghislaine Carrénard Francoeur a aussi fait savoir que les Etudiantes inerviennent sans trop difficulté en cas d'urgence obstétricale..
Au Centre Gheskio au bicentenaire à Port-au-Prince, les infirmières sages-femmes s'occupent entièrement des patientes enceintes séropositives en assurant la médication de ces dernières, leur prodiguant des conseils sur la nutrition et l'hygiène corporel.
Dans les années 90, l'OPS/ OMS dans un programme visant à réduire le taux de mortalité maternelle avait fourni une aide au Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) afin d'encadrer les matronnes pour mieux détecter les pathologies liées à la Grossesse; une tentative qui avait échoué vu la formation et la connaissance limitées des matronnes.
En 2000, l'Etat Haïtien pour tenir sa promesse de réduire le taux réduction de mortalité maternelle, l'un des engagements pris par Haïti dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire de Développement (OMD), avait décidé d'ouvrir cette Ecole grâce à la Coopération française, l'Ecole de Sage-Femme de la Martinique et l'agence canadienne de développement (ACDI). Aujourd'hui, elles sont environ 200 à travailler dans plusieurs hopitaux et Centres de santé à travers le pays.
Dans l'Artibonite précisément dans la Commune de Petite Rivière, Mme Francoeur indique que sur 200 accouchements en moyenne réalisés par mois, aucun cas de décès maternel n'est enregistré.
Les obstacles culturels
Ce travail ne s'est cependant pas réalisé sans heurt. Le principal obstacle reste la pratique culturelle éronnée des populations rurales. A St Michel de l'Atalaye, on amènera une jeune femme enceinte consulter un hougan lors de sa convulsion pensant qu'elle était habitée par un esprit ; le prêtre vaudou ne pourra rien, cette femme arrivera trop tard à l'hopital, medecins et infirmières ne pourront qu'assister à son décès, rapporte l'une des infirmières.
Si la réduction du taux de mortalité maternelle reste un ‘'véritable défi'' selon le Directeur du MSPP Dr. Gabriel Thimotée, l'arrivée de ces infirmières sages-femmes, semble donner un nouveau souffle au système sanitaire dans un pays où une (1) Haïtienne sur 37 risque de mourir de causes liées à la grossesse.
Eddy Trofort
etrof16@yahoo.fr
09/2007
