Kiosques mobiles de santé dans les camps de déplacés
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Le projet de kiosques mobiles de santé à travers cinquante camps d'hébergement dans les communes de Delmas, de Port-au-Prince et de Carrefour a pris fin le vendredi 30 juillet. IRC, l'un des partenaires de MSH, a accordé pour ces activités dans des camps de déplacés une enveloppe de 250 000 dollars américains. Miss Josie Adrien du Centre médico-social de Petite Place Cazeau partage avec Le Nouvelliste son expérience de terrain de dix semaines dans les cinq camps qu'elle a supervisés.
Haïti: Infirmière affectée au Centre médico-social de Petite Place Cazeau, miss Josie Adrien a travaillé, de mai à fin juillet 2010, dans cinq camps d'hébergement. Elle a offert ses services aux kiosques mobiles de santé de la commune de Delmas. Cinq fois par semaine, du lundi au vendredi, elle se rendait chaque jour d'un camp à l'autre. Elle allait à Kay Maga, près de Trois mains ; on la retrouvait aussi à Ti jadin dans la zone de Bois Blanc ; et dans les camps Union des réfugiés et Mega 4, à Clercine, puis UPS de Caradeux. Au rythme du projet de réponse à la situation post-sismique que Management Sciences for Health (MSH) et l'International Rescue Committee (IRC) ont mis sur pied pour combler les déficits d'accès aux soins de santé primaires de la population déplacée, miss Josie était devenue une itinérante. Dans ces camps de fortune, toute une stratégie a été mise en oeuvre pour atteindre les familles. Pour cela, MSH a inventorié les points de prestation de services de son réseau USAID dans l'aire métroolitaine où ont poussé de nombreux camps. À travers 50 camps répartis dans les communes de Delmas, de Port-au-Prince et de Carrefour, des prestataires de santé ont administré, sous des tentes, des soins de santé. Les cinq sites cités plus haut se trouvent dans l'aire d'intervention du Centre médico-social de Petite Place Cazeau, où miss Josie travaille depuis plus d'une décennie. Les trois mois passés sur le terrain auprès des gens à les regarder vivre, à leur parler, auront beaucoup appris à l'infirmière. Elle explique : « Je dois reconnaître que les gens ne sont pas intéressés au premier abord par la question de santé. Ils nous le disent clairement : le médicament dont nous avons besoin s'appelle nourriture. Il a fallu des promoteurs, des jeunes, que nous avons recrutés dans les camps mêmes, pour les convaincre de la nécessité de venir dans nos kiosques mobiles de santé. » Le travail des promoteurs recrutés dans les camps Ces promoteurs formés dans le cadre du projet de kiosques mobiles de santé, souligne Josie, facilitaient la tâche aux infirmières et auxiliaires qui passaient une seule journée sur chaque site. |
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| « Ces jeunes, encadrés par nos agents de santé, se sont révélés très actifs et ont pris au sérieux leur travail. Ils allaient d'une tente à l'autre pour s'informer des soucis de santé de tel ménage. Ils les informaient sur les services qui sont disponibles dans nos kiosques. Les informations qu'ils récoltaient étaient acheminées à MSH et au personnel de santé du kiosque », indique l'infirmière.
Une enveloppe de $250 000 Trois mois passés à circuler d'un camp à l'autre, selon un horaire établi, est une goutte d'eau dans un océan. Miss Josie aurait bien aimé prolonger ces activités de terrain qui lui ont permis de côtoyer de près les gens. Mais ce projet a un coût. L'enveloppe de 250 000 dollars américains que l'IRC a engagé, en partenariat avec le MSH pour les opérations, était prévue pour une période de dix semaines. Aussi, par le truchement du « Projet réponse à la situation post-sismique », le ministère de la santé publique et de la population (MSPP) a-t-il poursuivi, pour les résidents des camps, son programme d'éducation sur l'hygiène, la nutrition, l'assainissement, la santé reproductive, la planification familiale et la santé de l'enfant. S'est prolongée également la campagne de vaccination des enfants. Miss Josie qui fait partie du personnel de santé que le centre de santé a mis à la disposition de ce projet ne s'est pas seulement limitée à des questions de santé. Dans ces camps, elle s'est mise à l'écoute des sans-abri : « Quand je travaille, je fais la causette avec les gens. Certains m'ont confié qu'elles ont été invitées à installer leur tente dans un autre site afin de ne pas rater la chance qui passe. » Installée dans sa tente, la population déplacée rêve tout haut de travail, de toit, d'une meilleure condition de vie. Aussi considère-t-elle les camps d'hébergement qui ont poussé après le séisme comme une opportunité. Les jeunes promoteurs qui se sont évertués dans ce programme de santé ont reçu des frais pour le service fourni, ce qui a permis à leur famille de subvenir à leurs besoins. « Il sera difficile de déplacer ces gens de ces camps », pense miss Josie. Elle aussi quitte à regret le projet des kiosques mobiles de santé qu'elle a supervisé à travers cinq sites. |
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| Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr |
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