Les avocats de Wyclef Jean contre-attaquent
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| Pour sa part, l'un des responsables de l'organisation politique ''Viv ansanm'', sous la bannière de laquelle Wyclef Jean a fait le dépôt de sa candidature, l'ancien député et ex-président de la Chambre basse, Pierre Eric Jean-Jacques, estime que la décision du BCEN d'écarter la star internationale de la course présidentielle est avant tout une décision politique. « Tout le monde sait qu'il ne fallait pas avoir Wyclef Jean dans la course électorale. C'est pourquoi il a été écarté », dit-il. L'ancien parlementaire pointe du doigt le pouvoir en place dans cette affaire.
Comme un appel à la mobilisation à peine voilé, Pierre Eric Jean-Jacques indique que la population qui est responsable de son destin a le devoir de l'assumer. « La population sait quoi faire et quoi dire dans cette situation », martèle l'ancien élu de la plateforme présidentielle Lespwa transformée en INITE. Retour sur les faits Après le dépôt de la candidature de Wyclef Jean à la Direction des opérations électorales, deux citoyens haïtiens, Gutener Baptiste et Wilfrid Jean-Louis, ont, dans un premier temps, contesté cette candidature au niveau du Bureau du Contentieux électoral départemental de l'Ouest (BCED). Selon les avocats de la star internationale, ils ont eu gain de cause devant cette instance juridique du CEP. « Les juges électoraux ont jugé que ces accusations n'étaient pas fondées », ont-ils rappelé avec une certaine satisfaction. Wilfrid Jean-Louis a donc décidé de porter l'affaire devant le BCEN, la plus haute instance juridique de l'institution électorale. Un recours qui a compliqué la situation de M. Jean et qui a été jugé illégal par ses défenseurs. « Le recours exercé par Wilfrid Jean-Louis est irrecevable et est en violation de l'article 186 de la loi électorale qui stipule que seul un candidat peut former un recours par devant le BCEN », explique Me Sénatus. « Le contestataire n'est en rien un candidat », fait-il remarquer. En outre, le contestataire, toujours selon l'article 186 de la loi électorale, doit payer une amende de 10 000 gourdes avant d'introduire un recours devant le BCEN. Wilfrid Jean-Louis n'a pas non plus franchi cette étape, s'insurge l'homme de loi. « L'amende a été payée au nom de Ulrick Félix, alors que le contestataire s'appelle Wilfrid Jean-Louis. Nous avons demandé au BCEN de rejeter cet appel pour vice de forme, ce qu'il n'a pas fait », se désole-t-il. Pour le moment, le candidat Wyclef Jean évincé se trouve à New York, où il continue de mener la lutte pour faire respecter ses droits. En Haïti, un cabinet constitué de huit avocats travaille sur ce dossier. Mais on se demande sur quelle base juridique seront exercés les recours annoncés devant les juridictions indiquées. En effet, la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif n'a manifestement aucune compétence en matière électorale. La loi électorale permet-elle d'attaquer les décisions du CEP devant la Cour de cassation ? Et la saisine de la commission intéraméricaine des droits de l'homme n'est pas en principe admise qu'après l'épuisement des voies de recours internes. Il paraît ainsi intéressant de suivre l'évolution de cette affaire. |
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| Robenson Geffrard rgeffrard@lenouvelliste.com |
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