Quand Bill Clinton se mobilise...
Haïti: Depuis le début de la semaine, notre pays est sous les feux des projecteurs dans la capitale économique des Etats-Unis. Lundi, à l'initiative de Bill Clinton, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) a organisé une réunion improvisée aux fins d'encourager les représentants des bailleurs présents à New York à reconfirmer leurs promesses et préciser leur agenda de décaissement. Cette réunion de la CIRH s'est déroulée en présence de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton ; du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner ; des ministres du Brésil, de l'Espagne, du Canada, du Japon, des représentants de l'Union européenne et d'autres pays amis d'Haïti. Mardi, Haïti était au coeur des débats de l'Assemblée annuelle de l'organisation Clinton Global initiative (CGI), qui regroupe des gens des milieux huppés du monde entier, particulièrement des hommes d'affaires, des représentants d'organisations non gouvernementales et des acteurs politiques. L'ancien président américain en a profité pour attirer l'attention des investisseurs sur le dossier d'Haïti, huit mois après le séisme dévastateur qui a mis la capitale à genoux. La situation de plus de 1 million de sans-abri qui vivent dans des conditions très difficiles, la précarité des infrastructures routières, la dramatique question du logement et la relance de l'agriculture sont les principaux défis auxquels fait face Haïti, à quatre mois du premier anniversaire de ce douloureux événement. C'est une véritable plaidoirie dans laquelle s'est lancé Bill Clinton cette semaine en faveur du dossier de la reconstruction de notre pays. Présent à New York pour participer à la réunion de la CIRH et également au Sommet des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le Premier ministre Jean-Max Bellerive qui, depuis quelque temps, n'intervient pas dans les médias haïtiens, a vanté les progrès réalisés par l'équipe au pouvoir en dépit du retard enregistré par la communauté internationale dans le décaissement des fonds promis. Selon le quotidien de la Floride Miami Herald, dans sa livraison du mercredi 22 septembre, Bellerive a annoncé la construction de nouvelles autoroutes, la réouverture d'écoles, la construction en cours d'un hôpital universitaire et la construction dans un proche avenir de plusieurs milliers d'appartements. Pourquoi le Premier ministre Bellerive n'a-t-il jamais fait état des progrès réalisés par son gouvernement dans la presse haïtienne ? Question peut être de mépris ou de mot d'ordre ? Qu'est-ce qui empêche donc le président et le Premier ministre de s'adresser à la nation avant leur départ ? |
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| Lemoine Bonneau |
