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Haïti: Tomas nous a égratignés, effleurés, effrayés. Nous devons nous en réjouir. Le bilan est léger, loin des craintes d'hécatombe. Le décompte des morts et des dégâts matériels va s'affiner dans les jours qui viennent. Il sera sans doute un bonus de malheur que nous n'aurions pas aimé encaisser en ces temps déjà durs. Faire avec, c'est la seule option que nous avons. Nous retrousser les manches et repartir au combat pour la survie demeurent des impératifs, aujourd'hui comme hier. La saga Tomas aura démontré le pouvoir de la communication quand on s'y met vraiment. Le président et son gouvernement, Premier ministre en tête, ont joué le jeu de l'alerte avec maestria. Cette présence a occulté la faiblesse des institutions chargées de faire à l'année longue leur travail. Un bien pour un mal. L'implication des autorités a permis de sauver un nombre incalculable de vies, c'est ce qu'il faut avant tout en retenir. Cependant, il a fallu les sorties répétées de René Préval pour voir l'arbre qui cache notre désert. Découvrir comment les autres institutions et les hommes en charge de les animer autour de la présidence de la République, dans l'Etat comme dans la société civile, sont inexistants, faibles, sans énergie, peu équipés. Comme pour la crise de choléra qui chevauche celle de ce cyclone, la crise météorologique a souligné la faiblesse de nos moyens d'alerte, de prévention et de secours. Nous sommes dépendants des informations venues de l'étranger, comme des moyens pour venir en aide à la population. A un certain moment, le commun des mortels, grâce à Weather Chanel ou à www.stormpulse.com, avait l'impression de tout savoir. Cela ne doit pas nous faire oublier que nous n'avons pas la capacité de recueillir les données pour faire les bilans. Combien y a-t-il de pluviomètres disponibles sur le territoire, de manches à air, d'anémomètres pour connaître la vitesse du vent ici ou là ? Comment mieux prévenir la prochaine fois si nous ne pouvons pas exploiter les données d'hier ? Savoir combien de millimètres de pluie provoquent la crue de la Rouyonne, n'est ce pas essentiel pour affiner les prochaines prévisions et les alertes ? Comme pour le séisme qui n'a été enregistré par aucun réseau de sismographes national, nous ratons avec Tomas une partie de l'histoire de ce cyclone tardif. Faisons mieux la prochaine fois. En attendant, les élections pourront se tenir. René Préval avait dit oui pour la date du 28 novembre, sauf cyclone ; Tomas ne retardera rien.
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