Apprendre à vivre avec les répliques sismiques
| Apprendre à vivre avec les répliques sismiques
Conduite par le sismologue français, Eric Calais, une délégation d'experts de renommée mondiale est, dans la cadre de la coopération entre le PNUD et le gouvernement, dans le pays en vue d'évaluer les risques sismiques. Un rapport doit être rendu public dans environ six mois.
Haïti: Vendredi 12 novembre. 10 mois, jour pour jour, après la grande tragédie qui a rasé la capitale haïtienne et quelques villes de province, une secousse de magnitude 4,3 a été ressentie au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Ce qui a semé la panique au sein de la population. Hier jeudi, une autre réplique a été également ressentie dans la zone de Carrefour. Une panique générale a été enregistrée et a fait plusieurs blessés parmi les élèves qui couraient dans tous les sens, affolés. Tout le monde devient excessivement prudent depuis le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Suite aux deux répliques consécutives susvisées, le sismologue Eric Calais, qui conduit une délégation d'experts forte de sept (7) personnes, cherche à calmer les inquiétudes de la population. « Les répliques sont toujours normales et elles vont continuer », déclare-t-il, en invitant la population à garder son calme et à observer les conseils d'usage en cas de secousse sismique. « La science n'est pas encore en mesure de prévoir la date d'un séisme », déclare Eric Calais devant les caméras des médias. Cette phrase doit suffire pour faire avorter toutes les rumeurs qui font état qu'entre le 11 et le 18 novembre une terrible secousse peut avoir lieu en Haïti. Le sismologue est catégorique. « Il ne faut pas être alarmé par ces rumeurs », insiste-t-il. En réponse à une question sur l'importance des petits appareils vendus par les entreprises de la place pour prévenir les tremblements de terre, M. Calais conseille la prudence. « Il n'y pas de méthodes scientifiques pour prévoir un tremblement de terre. Ces appareils ne sont pas utiles, ils ne donnent qu'une fausse impression de sécurité par rapport au séisme », indique le professeur Eric Calais, qui prévient que la population ne doit pas faire confiance à ces ''détecteurs". Composée d'experts des Etats-Unis, du Canada, de la Suisse, de Porto Rico et de la France, cette délégation entend apporter un appui considérable et systématique au développement du Système national de la gestion des risques et des désastres (SNGRD) en Haïti. En deux journées, cette mission va rencontrer des représentants de certains ministères et d'autres institutions qui travaillent dans le domaine en vue de mettre en commun leurs capacités pour rendre le réseau plus moderne. Les membres de cette délégation disent être impressionnés par l'accueil reçu et par l'identification des besoins du système. Le groupe est convaincu qu'il faut développer des compétences diverses et variées pour augmenter la capacité du pays dans le domaine de la surveillance sismique. Dans quelques mois, ses collaborateurs et lui, selon le sismologue Calais, devraient produire un rapport dont les recommandations serviront de base au SNGRD. « Les bailleurs attendent aussi les recommandations pour savoir dans quels domaines précis investir », fait-il savoir. Depuis février, trois (3) stations sismologiques ont été respectivement installées par le SNGRD avec la coopération du PNUD à Port-au-Prince, à Jacmel et à Léogâne. Sept (7) autres sont prévues à la capitale, une à Port-de-Paix et une au Cap-Haïtien. Le représentant du Système national de gestion des risques et des désastres, Abel Nazaire, croit que le rapport de cette mission va permettre de savoir la meilleure manière d'appréhender les risques sismiques dans le pays. |
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| C.M. |
