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3 Mayo 2011

Georges Michel en croisade contre les amendements de la Constitution

Georges Michel, étendard légaliste et nationaliste mis en avant, passe à la moulinette tous ceux qui sont pour le vote de la déclaration d'amendements de la Constitution introduite à la 48e législature. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ses services en Haïti, et le professeur Claude Moise...ont goutté à son courroux,même s'il n'a que sa plume et son verbe pour faire dérailler une machine déjà en marche au Parlement.

 

Haïti: Et Georges Michel a fait du Georges Michel. Incisif, sans langue de bois, l'historien, constituant de 1987, a envoyé paître « le Blanc » et rabaissé le caquet des sponsors haïtiens de la déclaration d'amendements de la Constitution introduite à la va-vite, sur fond de contestation à la fin de la 48e législature en mai 2010. « Que le Blanc aille voir ailleurs. Nous sommes les chefs de notre pays », a-t-il dit, son nationalisme porté en étendard, à l'émission « Panel Magik » sur Magik 9 100.9 mghz, vendredi 29 avril 2011.

« C'est absolument immoral que M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, pousse en faveur d'amendements illégaux et immoraux », a fulminé M. Georges Michel, sans ménager l'ambassadeur Edmond Mulet, patron de la mission onusienne en Haïti, qui s'est lui aussi prononcé en faveur de ces amendements. « M. Mulet est têtu comme un mulet », a-t-il dit, en égrenant ses mots avec une nervosité à fleur de peau.

Sans broncher et sûr de lui en développant ses arguments, Georges Michel a souligné que « la charte des Nations unies lui (Mulet) interdit d'intervenir dans les affaires internes d'un pays ». Selon cette charte, « elles peuvent accompagner un processus politique ». « La façon d'amender une Constitution ne les regarde pas », a renchéri l'historien pour qui le secrétaire général raconte des balivernes dans ses discours en s'appuyant sur des renseignements issus de ses services qui le poussent à « patronner des amendements nuls et frauduleux ».

Au professeur Claude Moïse, écrivain, président de la Commission présidentielle sur la révision de la Constitution ayant récemment souligné qu'il n'y a pas eu de version créole de la loi mère votée en 1987, Georges Michel répond. « Je réponds au professeur Claude Moïse, qui est peut-être de bonne foi, qu'il a des trous de mémoire et qu'il n'était pas, contrairement à moi, membre de cette assemblée constituante. Je me rappelle ce que j'avais fait. Je ne suis ni fou ni sénile », a-t-il indiqué, avant de confier avec persuasion « qu'une version authentique de la Constitution en créole a été votée et signée ». « Je regrette de contredire publiquement le professeur Claude Moise. Il existe une version authentique de la Constitution ».

Le pasteur Pauris Jean-Baptiste et moi avions travaillé sur la version créole afin de vérifier, entre autres choses, si elle était conforme à l'esprit des constituants, a-t-il ajouté. « Le pasteur Pauris est encore vivant. Il peut en témoigner », a poursuivi Georges Michel.  

 
     
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  « Le professeur Moïse a fait un bon travail dans sa commission qui peut servir de base de départ, de base de réflexion. Mais nous avons déjà écrit un fascicule « Amendements inacceptables » pour démontrer que le contenu du rapport du professeur Moise était politiquement mauvais parce qu'il visait à renforcer le pouvoir politique de M. Préval qui recherchait un troisième mandat », a-t-il affirmé en rappelant que, pour lui, la déclaration d'amendements que le Parlement est en passe de voter comporte six causes de nullité.

« Il n'y a qu'une seule chose à faire, c'est d'arrêter ce processus boiteux d'amendements,tout reprendre au niveau de la 49e législature et éviter les causes de nullité et voter à tête reposée et pas en 45 minutes la prochaine déclaration d'amendements », a conseillé Georges Michel pour qui le travail de révision de la Constitution du professeur Claude Moïse, de bonne facture académique, n'a pas été suivi par l'administration Préval et par les parlementaires Lespwa et alliés.

Force de défense: Georges Michel ne descend pas de son cheval nationaliste

Membre de deux commissions présidentielles sur les forces armées au cours des huit dernières années, l'historien Georges Michel a indiqué qu'il y a assez d'Haïtiens pour monter la force de défense nationale que veut le président élu Joseph Michel Martelly. Pour trouver des ressources financières, M. Michel propose l'austérité, le bannissement du gaspillage et le transfert de certaines unités de la PNH à la nouvelle force de défense. Selon Georges Michel, cette nouvelle force ne doit pas être comme les FAD'H dissoutes par l'ex-président Jean-Bertrand Aristide.

Militariste convaincu, Georges Michel pardonne au président Aristide d'avoir renvoyé les FAD'H en 1994. " Les militaires refusaient d'entendre raison. Depuis 1947, la séparation de l'armée et de la police devait être consacrée", a-t-il dit, cinglant, en ajoutant que les militaires n'écoutaient pas avec leurs oreilles mais plutôt avec leurs talons. En renvoyant les FAD'H, Aristide a offert une page blanche et la possibilité de tout recommencer, a expliqué Georges Michel.

« La nouvelle force ne sera pas une milice », a répondu M. Michel, horripilé par les insinuations de certains qui prêtent cette intention au président élu. « Cette nouvelle force n'appartient pas au président Martelly qui est au pouvoir pour cinq ans », a enchaîné Georges Michel, optimiste, se faisant l'écho de contacts au niveau bilatéral pour monter cette « force de défense ».

Par ailleurs, malgré ses envolées nationaliste, Georges Michel est pour un départ ordonné de la MINUSTAH face aux risques de violences, et d'insécurité. Il faut planifier ce retrait et remplacer la MINUSTAH par cette nouvelle force. Sinon,a-t-il prévenu, la MINUSTAH reviendra dans deux ans à cause de l'action déstabilisatrice des seigneurs de la guerre.

Reconnaissant implicitement avoir peu de moyens pour faire dérailler l'amendement en cours, Georges Michel s'est fait menaçant : « Si c'est ce qu'il veulent, ils n'ont qu'à poursuivre ». Avant d'ajouter, comme un joueur de poker menteur : « ya we po piman an ak gren n nan kiyes ki pi pike".

Attendons la fin de la croisade...

 
  Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com
 
 

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