Choléra, l'ONU coupable mais pas responsable ou vice-versa
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Haïti: L'ONU s'est dédouanée de cette affaire de choléra qui lui collait aux bottes. Le rapport de ses experts explique que « l'épidémie de choléra a été causée par ( une) confluence de circonstances... et n'était pas la faute, ou due à l'action délibérée, d'un groupe ou d'un individu.» Bien entendu, cette façon de voir vous ne la retrouverez pas telle quelle dans le rapport. Comme pour le choléra cela transpire de chaque paragraphe, mais cela ne coule pas comme de l'eau de source. Nous sommes dans l'eau trouble des non-dits. C'est un vrai exercice de haute voltige que vient de faire les Nations Unies en puisant toutes les ressources du langage diplomatique pour présenter le rapport de ses experts comme une non-condamnation. Le texte d'une dépêche du centre de presse de l'ONU confirme que selon le rapport, « les experts notent que les conditions sanitaires au camp de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à Mirebalais n'étaient « pas suffisantes » pour éviter une contamination fécale de la rivière Meye, un affluent du fleuve Artibonite. » Rien que cela est une condamnation grave car le centre de presse de l'ONU admet que « la contamination de la rivière Meye a entraîné une épidémie explosive de choléra dans le delta du fleuve Artibonite et ensuite à travers Haïti. » |
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| En outre, toujours selon les propres mots de la dépêche, les conclusions des chercheurs indépendants sur la bactérie responsable de l'épidémie indiquent que les souches de l'épidémie en Haïti « sont génétiquement identiques, indiquant une source unique pour l'épidémie en Haïti » et que la bactérie est « très similaire mais pas identique aux souches du choléra de l'Asie du Sud actuellement en circulation en Asie, confirmant que la bactérie du choléra en Haïti n'émanait pas d'Haïti. »
Les recommandations du rapport sont sans appel et permettent mieux que tout le rapport d'établir les rapports de cause à effet. « Les experts recommandent que les secouristes et le personnel des Nations Unies venant de zones où le choléra est endémique reçoivent une dose prophylactique d'antibiotiques avant leur départ ou soient testés pour confirmer qu'ils ne portent pas le virus du choléra. Ils recommandent aussi que tous les employés des Nations Unies et les secouristes se rendant dans des zones d'urgence reçoivent des antibiotiques, soient immunisés contre le choléra afin qu'ils soient protégés et protègent la santé des autres. » « Pour prévenir l'introduction d'une contamination de l'environnement local, les installations des Nations Unies à travers le monde devraient traiter les matières fécales en utilisant des systèmes qui inactivent les bactéries pathogènes avant l'élimination des ces matières fécales », recommandent aussi les experts. Que va-t-il se passer après la publication de ce rapport qui tombe comme un cheveu sur la soupe ? Le gouvernement Préval s'en va et demeure empêtré dans la crise électorale. Le gouvernement Martelly cherche ses marques et voudra sans doute une autre carte de visite pour faire son entrée sur la scène internationale que d'ouvrir une polémique avec l'ONU sur une affaire de choléra. Le rapport finira comme un cheveu sous la soupe. Ni vu ni connu. Estimons-nous heureux dans cette tragédie que les prévisions apocalyptiques de l'OMS pour lui permettre de lever des fonds au nom d'une Haïti ravagée par le choléra soient restées de simples et mauvaises prévisions. |
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| Frantz Duval duval@lenouvelliste |
