L’organisation de l’édition 2011 du festival de Jazz de la Nouvelle Orléans a eu lieu comme prévu. L’événement a été agrémenté de chansons, de parades et d’expositions artistiques d’une pléiade d’artisans, d’artistes et groupes musicaux, invités d’honneur. Les organisateurs auraient déboursé près de 300 000 dollars américains pour la participation d’Haïti au festival.
Depuis le 29 avril 2011, la machine était lancée. A cette 43e édition du New Orleans Jazz Festival & Héritage, fête du jazz traditionnel en particulier, de la culture à New Orléans en général, Haïti a été conviée. Les organisateurs ont voulu témoigner leur solidarité avec Haïti, pays qui a été tragiquement frappé par un séisme, le 12 janvier 2010.
Haïti, après le tremblement de terre, allait se redresser rapidement sur le plan culturel et donner un message clair au monde concernant sa capacité de résilience et les multiples talents de ses artistes.
Ce message aurait été vite compris par ceux-là qui, eux aussi, ont été victimes, de catastrophes naturelles, notamment du cyclone Katrina en 2004. Le numéro un de l’événement, l’homme qui est derrière le New Orleans Jazz Festival depuis les années 70, Quint Davis, avait jugé nécessaire d’alerter l’opinion publique américaine, via cette activité très médiatisée aux Etats-Unis, sur le manque de résultats de la Communauté internationale dans le processus d’aide à Haïti, plus d’un an après le passage du tremblement de terre dévastateur.
Sans engueulades, sans bousculades, sans heurts, les milliers de festivaliers, se joignant aux organisateurs, ont fait de cette édition du New Orleans Jazz Festival un grand événement organisé et réussi.
Sur le site du festival, Haïti est présente et nettement visible partout. Le bicolore haïtien est haussé aux côtés du drapeau étoilé et de celui du festival. Un pavillon a été installé spécialement pour les artisans haïtiens, les artistes, les fidèles de la religion vodou qui participaient, cette année, au festival. Les initiateurs ont également pris le soin d’aménager, au beau milieu du site, une « belle entrée » indiquant en grandes lettres: « Celebrating Haïti » (Célébrons Haïti). Haïti a été représentée avec succès, que ce soit par la prestation de certains groupes et artistes haïtiens (comme Emeline Michel, Ti-Coca, Boukman Experyans…), que ce soit par l’exposition des produits artisanaux ou artistiques, ou encore par certaines pratiques vodous.
La prestation de certains artistes haïtiens a fait bouger les foules à Sauvage, un quartier situé à environ 3 km du Quartier français de la ville de New Orleans. L’énergie communiquée par ces groupes haïtiens ont inspiré les organisateurs à espérer la renaissance du pays. Plus d’une dizaine de groupes musicaux et d’artistes populaires en Haïti ont exposé certaines valeurs culturelles nationales, à travers des rythmes typiquement haïtiens comme le Rara, le Kompa, le Rasin. Au cours de la première semaine (29 avril au 1er mai), on a retenu la remarquable performance de Emeline Michel, de Wyclef Jean, de Ti Coca & Waga Nègès, de Boukman Eksperyans, de Dja Rara dont les parades ont charmé le public.
Pour la deuxième semaine (du 5 au 8 mai), des groupes comme Ram, Djakout # 1, Tabou Combo ont été attendus avec la même curiosité
L’un des membres de l’équipe organisatrice, Mme Valérie Guillet, qui a été chargée d’ailleurs de faire les invitations haïtiennes, était aussi la coordonnatrice du pavillon de la partie haïtienne du festival.
Selon Mme Guillet, Haïti s’est très bien vendue. « La réception est géniale. L’échange entre le public et les Haïtiens témoigne de la familiarité qui existe entre ces deux peuples (Haïti et les Américains du New Orléans) qui charrient derrière eux une histoire plusieurs fois séculaire de relations étroites ».
A ce festival, l’accent a été aussi mis sur la façon dont Haïti peut renaître de ses blessures post-séisme à travers sa culture, comme cela a été le cas pour la New Orleans après Katrina. Le New Orleans Jazz Festival & Héritage est l’un des plus grands festivals de l’Amérique,