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Haïti: Le président Michel Martelly était dans l'Artibonite ce mardi pour inaugurer une école construite par la Digicel. Un mois que notre président élu, au lieu de se morfondre de ne pas avoir de gouvernement, arpente ou inaugure les chantiers lancés avant son investiture, mais achevés sous sa présidence. Conscient qu'il n'y a pas de petite prestation et que l'important est de rester dans la ligne de mire de l'actualité pour de bonnes raisons, le président coupe les rubans à tour de bras dans les quatre coins du pays. Longtemps que l'on n'avait pas vu un président se déplacer pour si peu. Ce mardi, le président avait un message pour les élus qui font durer les heures d'antichambre qui s'allongent pour le Premier ministre désigné. Dans un appel solennel adressé aux parlementaires le président Martelly a rappelé Daniel Rouzier au bon souvenir des députés et sénateurs et a réaffirmé son ambition : réduire la misère qui accable la population. Très politique, le président a annoncé que ce 15 juin les ponctions pour financer le Fonds National pour l'Education vont débuter. Cinq centimes sur chaque minute d'appel international entrant dans le pays seront retenus pour alimenter le Fonds. Un dollar cinquante sur chaque transfert effectué aussi. Monsieur Martelly n'a toujours pas clarifié par quel miracle légal, administratif ou législatif le fameux Fonds tient son existence. Il n'a pas parlé du malaise qui secoue les compagnies de télécommunications qui, si elles sont toutes d'accord avec les finalités du Fonds, réclament, avec une énergie variable, un cadre légal pour asseoir ce qui est pour le moment un Fonds sans fond. Dans le cas des banques, la pilule est passée sans trop d'entrave. L'Association professionnelle des banques, dans un avis, a simplement annoncé que les clients devront passer à la caisse. Dans le secteur bancaire, cela fait des années que des frais, des faux frais, des redevances sont introduits sans autre forme de procès et sans explications aux clients. Il faut dire que le cadre réglementaire mis en place par la Banque de la République d'Haïti donne toute latitude pour que les décisions des acteurs soient recouverts d'un manteau légal et comme les banques en surliquidités n'ont que faire de l'argent des clients, l'introduction de cette redevance supplémentaire ne les gène pas. Le tour de passe-passe sera de transférer les ressources captées par la BRH dans les caisses de l'Etat. Allons-nous renouer avec les pratiques des recettes extrabudgétaires ? La BRH va-t-elle se mettre à financer l'Education gratuite ou les autres demandes de la présidence pour faire plaisir aux nouveaux élus ? Allons-nous assister à la mise en place d'un processus extra légal qui sera corrigé en temps et lieux ? Taxes sur les télécoms, taxes sur les transferts, quelque soit le nom dont on affuble les nouvelles mesures prises, il faut que les acteurs se souviennent que le laisser-grenen des autorités de tutelle financière d'Haïti ne dure jamais assez longtemps pour que les chats et les souris dansent pour le meilleur. Ces mêmes amis, qui font semblant de ne pas voir le jeu de ces taxes sans nom, seront ceux qui nous dénonceront demain comme Etat voyou.
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24 Agosto 2011 | 10:50 AM