Le choléra tue dans le Plateau central
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Selon les comités des droits humains du Réseau frontalier Jeannot Succès (RFJS) basés dans le département du Centre, plus de 500 personnes sont mortes du choléra et plusieurs milliers d'autres hospitalisées dans le Haut et le Bas Plateau central, de janvier à juin 2011. La carence des centres de traitement du choléra (CTC) dans cette région enclavée où les malades doivent parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre le centre le plus proche serait la principale cause de la majorité des décès. Haïti: Le Haut Plateau central est dans la tourmente avec la maladie du choléra qui continue de tuer les habitants de la région. Selon les responsables du Comité des droits humains de Lascahobas, sur plus de 1 000 personnes infectées, 401 décès ont été enregistrés dans la commune de Thomassique, de janvier à mai 2011. Ces décès, soulignent-ils, ont été constatés dans la localité de Bocbanic, avec 400 cas, et 1 cas au centre-ville de Thomassique. « Il n'existe aucun CTC à Bocbanic. Les personnes infectées doivent parcourir 15 kilomètres environ pour aller se faire soigner dans un centre hospitalier à Cerca-la-Source », critique Vilnor Dormévil, membre du Comité des droits humains de Lascahobas. A en croire cet habitant de la région, les rares centres de traitement du choléra (CTC) disponibles dans le Plateau central sont dépassés et il ne se passe pas un jour sans que des décès ne soient enregistrés. « Les citoyennes et citoyens sont à bout de souffle », se désole-t-il, tirant la sonnette d'alarme pour que les autorités concernées installent des CTC dans les communautés les plus affectées et procurent aux riverains des moyens de purification de l'eau. Selon ce comité des droits humains, les conditions sanitaires dans le Plateau central laissent à désirer : carence de latrines, rareté d'eau potable, entre autres. La population de cette région enclavée utilise exclusivement l'eau des rivières. La réalité en chiffres |
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| Selon le bilan présenté par l'organisme de droits humains qui collabore avec le Groupe d'appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), à Los Cacaos, une localité de la commune de Cerca-la-Source, environ 2 500 cas de choléra ont été enregistrés de février à mai 2011, dont 33 décès. « vingt et une personnes sont décédées en cours de route et 12 autres l'ont été à l'unité de traitement du choléra (UTC) de la zone », fait remarquer l'organisme, soulignant que les cas les plus gaves reçus à l'UTC de Los Cacaos sont généralement transférés au CTC du centre-ville de Cerca-la-Source.
Un bilan de 60 personnes infectées dont 7 décès, poursuit ce rapport, a été signalé à Saltadère, une autre localité de la commune de Cerca-la-source. « Aucun CTC n'y est disponible. Les personnes infectées doivent parcourir 8 km à moto pour se rendre à l'UTC de Los Cacaos. Alors que le tarif habituel du trajet à moto à Saltadère s'élève à 250 gourdes, le prix du transport d'une personne atteinte de choléra varie de 750 à 1 000 gourdes », indique le document. Selon les prometteurs des droits humains, la situation dans le Bas Plateau central n'est pas si différente de celle prévalant dans le Haut Plateau central. « Dans la commune de Savanette, entre février et mai 2011, plus de 425 cas d'infection ont été observés. Les personnes infectées arrivent de Raspadou, Lagoule, Lyanne Panier, Gros Mombain et Corosse, des localités où les malades doivent s'astreindre à 4-5 heures de marche pour atteindre le CTC du bourg », précise ce rapport. « A Belladère, depuis le retrait dans cette commune de l'organisme Zanmi Lasante en avril 2011, le nombre des victimes du choléra s'accroît. 782 cas d'infection, dont 70 décès, ont été enregistrés entre avril et mi-juin 2011. La plupart des malades proviennent de la localité de Baptiste », poursuit le document. Dans la commune de Lascahobas, souligne le communiqué, entre début mai et mi-juin 2011, un nombre de 1 255 personnes infectées, dont 38 décès, a été rapporté au CTC de la ville. Face à cette recrudescence du choléra, les organismes des droits humains invitent les autorités à rechercher les appuis nécessaires en vue de doter ces populations d'installations sanitaires et d'eau potable de manière durable afin d'aider les habitants de cette région à faire face à la maladie qui a déjà fait plus de 5 000 morts depuis son apparition à la mi-octobre 2010. |
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| Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com Avec Radio Métropole |
