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22 Julio 2011

Gousse à la merci du Sénat

Haïti: « Le processus de ratification du choix de Bernard Gousse est véritablement enclenché maintenant. 14 pièces au total ont été déposées au Sénat pour analyse. D'autres pièces pourraient lui être demandées au besoin », a souligné le président de la commission spéciale sénatoriale qui va vérifier l'authenticité des documents soumis. « Un certain nombre de pièces a été déposé en fonction de l'article 157 de la Constitution. Nous allons les analyser. Si nous avons besoin d'autres, nous allons les lui demander. On ne peut pas dire d'avance que les documents sont complets... », a fait savoir le sénateur Jean William Jeanty.

Pour sa part, le Premier ministre désigné a promis d'être à l'écoute et de travailler avec tout le monde. Bref, il se veut rassembleur. « Avec le dépôt de mes pièces au Sénat, j'entame le chemin qui me mettra au service du pays. Si le Parlement me le permet, ce sera un grand honneur pour moi de servir une population fière et digne. Ce travail, je le ferai avec le président Michel Martelly et de concert avec tous les partis représentés au Parlement... Aucun bras n'est suffisant ni trop maigre pour sortir le pays de la situation où il se trouve...Je serai à l'écoute et travaillerai avec tout le monde », a avancé Bernard Gousse, dans une courte déclaration à sa sortie du Sénat.

Le président de la commission spéciale sénatoriale qui va vérifier l'authenticité des documents soumis n'est pas en mesure de donner une date pour la fin du travail de la commission. Cependant, le sénateur Jean William Jeanty dit être conscient de l'urgence de l'heure et a promis de subdiviser son équipe afin d'aller un peu plus vite tout en réalisant un travail de qualité.

Le parlementaire a également donné la garantie que la commission fera son travail correctement, en dépit du fait que cinq des neuf membres de ladite commission font partie du groupe des 16 sénateurs anti-Gousse.

Pour prouver qu'il a rempli toutes les conditions pour être chef de gouvernement, l'ancien ministre de la Justice a soumis à la commission son acte de naissance et ceux de sa mère, de son père, de sa grand-mère, et de son grand-père. Il a également soumis son certificat de nationalité, quatre passeports haïtiens, son matricule fiscal, sa carte d'identification nationale, un certificat de la police judiciaire, une attestation de résidence, un certificat de décharge, entre autres.

Mais, tout ceci ne vaudra rien si le président Martelly ne trouve pas la bonne formule pour dégager une majorité au Parlement, de l'avis du président du Sénat. Selon le sénateur Rodolphe Joazile, le vote sera politique, même si le travail de la commission est technique.

La ratification du choix de Bernard Gousse dépendra, a-t-il ajouté, de la capacité du chef de l'Etat de convaincre la majorité. « Nous avons plusieurs tendances au Sénat. Maintenant, il revient au président et au Premier ministre désigné d'utiliser des stratégies pour rallier les différents groupes à leur cause. Si aucun consensus n'est trouvé, le choix sera rejeté », a expliqué le sénateur Rodolphe Joazile.

Le parlementaire souligne avoir mis le président Martelly et le Premier ministre désigné au courant de la réalité au Parlement.

Ce jeudi encore, le chef de l'Etat n'était pas parvenu à une entente avec le groupe des 16 sénateurs anti-Gousse. 24 heures avant le dépôt des pièces de Bernard Gousse, les deux parties ont passé 7 heures à discuter en vue de trouver une solution à la crise. « Les deux parties ont décidé de faire le retrait de leur position initiale pour continuer une séance de travail de telle sorte que dans les prochaines 24 heures une décision commune soit prise pour débloquer le pays », avait déclaré le chef de l'Etat. Une décision qui se fait attendre.

L'air confiant, le visage moins tendu que la veille, Bernard Gousse se remet entre les mains des parlementaires. Ce jeudi, l'ancien ministre de Justice a fait le dépôt de ses pièces au Sénat. « Ce sera pour moi un grand honneur de servir mon pays » a-t-il dit, tout en promettant d'être un rassembleur. Le président de la commission sénatoriale a promis un travail technique et impartial. « Cependant, a rétorqué pour sa part le président du Grand Corps, Michel Martelly doit poursuivre les négociations s'il veut que le choix de son Premier ministre soit ratifié ».

 
 
 
     
     
  Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

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